HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.
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cours de théologie. Il eut le bonheur de conserver, au milieu de la corrup-tion qui régnait parmi les nombreux étudiants de cette célèbre université,les sentiments religieux que sa vertueuse mère lui avait inspirés.
Lorsqu’il eut atteint l’âge de vingt-quatre ans, il fit un voyage en Italie,alla à Rome, et visita les principales villes de cette belle contrée, où ilremarqua les restes de la grandeur romaine, qui lui firent faire des ré-flexions sur le néant des choses d’ici bas.
De retour au sein de sa famille, il y parut revêtu de tous les genres demérites, et l’on ne pouvait se lasser d’admirer le fruit qu’il avait retiréde ses études et de ses voyages, ainsi que les rares qualités qui le distin-guaient.
Comme il était l’aîné de la famille, son père pensait à lui procurer unriche mariage, et à lui obtenir un emploi important; mais le jeune comtede Sales annonça qu’il préférait entrer dans l’état ecclésiastique. Alors onle fit nommer à la prévôté de la cathédrale de Genève (I). Aussitôt qu’il eutreçu le diaconat, son évêque l’employa au ministère de la parole, danslequel il annonça de grands talents. Devenu prêtre, il se dévoua entière-ment aux fonctions sacerdotales, écoutant les confessions, et parcourantles villages pour instruire les campagnards, dont il eut l’art de se faireaimer par son affabilité et sa douceur.
Il fit une étude particulière de la controverse, science nécessaire à cetteépoque, où il fallait sans cesse combattre les calvinistes, qui avaient tou-jours à la bouche ou des blasphèmes contre les dogmes de l’Église romaineou des diatribes contre ses ministres.
Le calvinisme, dans sa grande ferveur, était éminemment séditieux etrévolutionnaire. Il demandait tout haut la liberté de conscience; mais, ensecret, c’était le pouvoir qu’il convoitait. En France, les huguenots rêvaientdéjà la république, pensée favorite de tous les ennemis de la religion.C’était aussi une république qu’avaient établie les révoltés des Pays-Bas,connus sous le nom de Gueux. Les Genevois, suivant le génie de la secte,avaient de même secoué le joug du duc de Savoie, leur souverain; ilsavaient érigé leur ville en république, et en avaient chassé leur évêque,qui s’était réfugié à Annecy avec son chapitre. Ils avaient alors trouvé
(I) Dans certains chapitres, le prévôt était le premier dignitaire; dans d'autres, c’clail ledoyen.