DES ORDRES RELIGIEUX.
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C’est alors qu’elle conçut le projet de fonder un ordre religieux enl’honneur des vertus de la sainte Vierge, et elle voulut que cet ordre portâtle nom du plus grand des mystères de la religion, c’est-à-dire de l’Annon-ciation. Elle consulta, pour cet établissement, saint François de Paule,qui vivait encore, et elle demanda au roi la permission de bâtir un cou-vent à Bourges. Elle y mit douze jeunes fdles quelle avait formées elle-même à tous les exercices religieux, en leur donnant une règle quelleavait rédigée de concert avec son confesseur, qui était un franciscain d’ungrand mérite, nommé le P. Gilbert Nicolas, plus connu sous le nom deGabriel-Marie. Il mourut en odeur de sainteté dans le couvent desannonciades de Rhodez, en 1552. Cette règle leur proposait d’imiter entout les vertus de la sainte Vierge; et elle fut approuvée par les papesAlexandre VI, Jules II, Léon X, Paul V et Grégoire XV.
Les religieuses de cet ordre portaient un voile noir, un manteau blanc,un scapulaire rouge, une robe brune, une croix et une corde qui leur ser-vait de ceinture. La supérieure avait le nom d 'ancelle, du mot latin ancilla(servante).
La reine Jeanne fit les mêmes vœux que ses religieuses, mais n’en pritpas l’habit. Elle crut devoir toujours habiter son palais, pour être plus àportée de soutenir l’œuvre quelle avait commencée. Au moyen d’uneporte de communication de ses appartements dans le couvent, elle allaitpasser les heures les plus agréables de sa vie au milieu des saintes fillesquelle y avait réunies.
Elle y mourut en 1504, à l’âge de quarante ans. On l’enterra, commeelle l’avait demandé, en habit de religieuse. Les huguenots brûlèrent sesreliques en 1562. On vit même un de ces furieux lui enfoncer son épéedans le cœur, avant qu’on jetât son cadavre dans le feu.
Elle fut canonisée par le pape Clément XII, en 1758 (1). Mais elle étaitdéjà honorée à Bourges depuis sa mort.
Les annonciades de l’institution de sainte Jeanne de Valois furentd’abord établies à Louvain. De là, les habitants d’Anvers en firent
(1) Pour prouver combien la cour de Rome met de lenteur et de maturité dans la canonisa-tion des saints, il faut dire ici que celle de sainle Jeanne de Valois, prononcée en 1758, avaitdéjà été. sollicitée dès l’an 1617. Louis XIII, l’infante Isabelle, les universités de Bourges et deLouvain, avaient écrit au pape Urbain VIII, pour demander sa béatification. Les mêmes dé-marches furent renouvelées , en 1700, auprès du pape Clément XI, sans plus de succès.