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1 (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

fut un des plus magnifiques quon eût vus jusqualors. Tous les malades,sans distinction de nation, y étaient reçus et traités avec le plus grandsoin, dans des bâtiments vastes et spacieux. La réputation de cette maisonsétendit même si loin, que des gens aisés, des gentilshommes, sy fai-saient transporter, de quatre à cinq lieues à la ronde, pour sy faire soi-gner dans leurs maladies. Il y avait des appartements séparés, composésde plusieurs pièces, et trois lits dans chaque chambre, pour que le maladepût être transporté dun lit à lautre quand cela devenait nécessaire ouseulement commode. Chaque appartement avait son linge et ses meublesparticuliers. Les malades aisés qui occupaient ces appartements se fai-saient nourrir à leurs dépens et payaient les remèdes quon leur four-nissait : mais on ne leur demandait rien pour les soins quils recevaientdes sœurs, ainsi que pour lusage des meubles. Les malades de moindrecondition étaient soignés gratuitement 5 à moins quils ne voulussent avoirquelque chose qui nétait pas absolument nécessaire ; alors ils devaient ensupporter les frais.

Un second hôpital, sur le modèle de celui de Beaune, fut ensuite établià Châlons-sur-Saône. 11 ne le cédait en rien au premier pour la pro-preté des salles, lélégance des appartements, et les soins de toute espècequon avait pour les malades. Cétaient des fdles du même institut qui ledesservaient, et quon appelait les fillles hospitalières de sainte Marthe.Elles ne faisaient que des vœux simples, et il leur était toujours libre dese retirer quand bon leur semblait. Plusieurs autres maisons semblablessélevèrent tant dans le duché, que dans le comté de Bourgogne.

11 existait à Venise un établissement qui ressemblait beaucoup à celuides béguines. Cétait ce quon appelait la congrégation des dimesses. Ellefut fondée par Dejanara Valmarana, née à Vicence, en 1549, qui, se voyantveuve et sans enfants, à lâge de vingt-trois ans, se retira, avec quelquesfemmes pieuses dans une maison qui lui appartenait, pour y pratiqueravec elles toutes les vertus chrétiennes. A son exemple, une de ses parentes,Angèle Valmarana, également veuve, acheta une maison voisine de lasienne, et y réunit quelques femmes, qui voulaient vivre avec elle dans laretraite. Dautres maisons sétablirent à linstar de celle- dans différentesvilles de lÉtat Vénitien. Ces maisons ne contenaient pas plus de huit ouneuf dimesses, et il y en avait toujours au moins deux qui se joignaient,afin que les vieilles dune maison pussent accompagner les jeunes de lautre