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HISTOIRE ET COSTUMES
fut un des plus magnifiques qu’on eût vus jusqu’alors. Tous les malades,sans distinction de nation, y étaient reçus et traités avec le plus grandsoin, dans des bâtiments vastes et spacieux. La réputation de cette maisons’étendit même si loin, que des gens aisés, des gentilshommes, s’y fai-saient transporter, de quatre à cinq lieues à la ronde, pour s’y faire soi-gner dans leurs maladies. Il y avait des appartements séparés, composésde plusieurs pièces, et trois lits dans chaque chambre, pour que le maladepût être transporté d’un lit à l’autre quand cela devenait nécessaire ouseulement commode. Chaque appartement avait son linge et ses meublesparticuliers. Les malades aisés qui occupaient ces appartements se fai-saient nourrir à leurs dépens et payaient les remèdes qu’on leur four-nissait : mais on ne leur demandait rien pour les soins qu’ils recevaientdes sœurs, ainsi que pour l’usage des meubles. Les malades de moindrecondition étaient soignés gratuitement 5 à moins qu’ils ne voulussent avoirquelque chose qui n’était pas absolument nécessaire ; alors ils devaient ensupporter les frais.
Un second hôpital, sur le modèle de celui de Beaune, fut ensuite établià Châlons-sur-Saône. 11 ne le cédait en rien au premier pour la pro-preté des salles, l’élégance des appartements, et les soins de toute espècequ’on avait pour les malades. C’étaient des fdles du même institut qui ledesservaient, et qu’on appelait les fillles hospitalières de sainte Marthe.Elles ne faisaient que des vœux simples, et il leur était toujours libre dese retirer quand bon leur semblait. Plusieurs autres maisons semblabless’élevèrent tant dans le duché, que dans le comté de Bourgogne.
11 existait à Venise un établissement qui ressemblait beaucoup à celuides béguines. C’était ce qu’on appelait la congrégation des dimesses. Ellefut fondée par Dejanara Valmarana, née à Vicence, en 1549, qui, se voyantveuve et sans enfants, à l’âge de vingt-trois ans, se retira, avec quelquesfemmes pieuses dans une maison qui lui appartenait, pour y pratiqueravec elles toutes les vertus chrétiennes. A son exemple, une de ses parentes,Angèle Valmarana, également veuve, acheta une maison voisine de lasienne, et y réunit quelques femmes, qui voulaient vivre avec elle dans laretraite. D’autres maisons s’établirent à l’instar de celle-là dans différentesvilles de l’État Vénitien. Ces maisons ne contenaient pas plus de huit ouneuf dimesses, et il y en avait toujours au moins deux qui se joignaient,afin que les vieilles d’une maison pussent accompagner les jeunes de l’autre