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HISTOIRE ET COSTUMES
qu’elle pratiquait sont, incroyables; elle les redoublait encore les vendredis,ne vivant ces jours-là que d’un peu de pain et d’eau. Ayant fait bâtir lemonastère de Wastin, au diocèse de Lincoping, en Suède, elle y établitsoixante religieuses. Elle mit, dans un bâtiment séparé du même monas-tère, treize prêtres, en l'honneur des douze apôtres et de saint Paul,quatre diacres, pour représenter les quatre docteurs de l’Église (1), ethuit frères convers. Elle leur donna à tous la règle de saint Augustin, àlaquelle elle ajouta quelques constitutions particulières.
Tous les monastères de l’ordre de sainte Brigitte étaient soumis auxévêques diocésains, et il fallait une permission expresse du pape pour enériger de nouveaux. On s’v proposait principalement d’honorer la passiondu Sauveur et la sainte Vierge. Les hommes y étaient soumis à la prieuredes religieuses pour le temporel, comme dans l’ordre de Fontevrault; maisles religieuses étaient sous la conduite des religieux quant au spirituel. Laraison de ce règlement était fondée sur ce que l’ordre avait été spéciale-ment institué pour les femmes; les hommes n’y étaient admis que pourleur procurer les secours spirituels.
L’habitation des uns et des autres était séparée par une clôture invio-lable : mais l’église leur était commune. Le chœur des religieux était au-dessous de celui des religieuses, de manière qu’ils ne pouvaient pas sevoir. Les monastères du Nord furent détruits lors de la révolution causéepar le changement de religion, il y en a eu deux à Gênes, dans l’un des-quels on ne recevait que des femmes de qualité. La plupart des maisonsde brigittins, ou de l’ordre dît Sauveur, n’observaient plus, dans lesderniers temps, ce que prescrivait la règle par rapport au nombre despersonnes religieuses et à la soumission des hommes aux femmes. Ontrouve encore cependant en Allemagne et à Dantzick quelques monastèresdoubles.
Henri V, roi d’Angleterre, avait fondé, en 1413, un monastère del’ordre de sainte Brigitte, sur les bords de la Tamise, à dix milles deLondres, qu’on appelait la Maison de Sion. Il avait mis la plus grandemagnificence dans cette fondation. Ce monastère, au moment de sadestruction, sous Henri VIII, n’avait pas moins de 1,800 livres sterlingde revenus. Les religieuses, rétablies sous le règne de Marie, furent
(1) Saint Augustin, saint Ambroise, saint Jérôme, saint Grégoire.