DES ORDRES RELIGIEUX.
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filles de bonne maison, entraînées par une vocation irrésistible et à laquelleleurs parents voulurent en vain s’opposer. La plupart étaient dépourvuesde tous moyens pécuniaires; mais rien n’arrêtait leur zèle. L’une a réunicinq compagnes; elle a trouvé, à Dijon, une petite maison dont le loyerlui coûtera cinquante-quatre livres par an; elle s’y établit, comptant dureste sur la Providence. Effectivement, une dame de Sanzèle, née deMontbolon, vient à son secours, et lui envoie seize mille livres, sommeconsidérable pour ce temps. Tels furent les commencements de la congré-gation de Dijon. L’autre n’a que quatre livres à offrir au maçon qui secharge de jeter les fondements de sa maison. Le bon ouvrier s’en contente,et met aussitôt la main à l’œuvre : peu de temps après, les aumônes arri-vent de toutes parts, et la ville de Tulle est étonnée de voir s’élever unmonastère qui contiendra soixante-six religieuses (1).
A Toulouse, la sœur de Yigier a bien trouvé une maison, mais il luimanque une église. Heureusement il y en a une à côté : elle en faitl’acquisition moyennant une redevance annuelle de deux livres de cireblanche et sept et demi sous tournois, quelle payera à l’évêque de Lombez.Partout on reconnaît le doigt de Dieu. Ces religieuses de Toulouse dé-ployaient le plus grand zèle : non contentes d’avoir tous les jours cinqclasses ouvertes pour les jeunes filles, elles donnaient encore, les dimancheset fêtes, l’instruction aux servantes et ouvrières qui n’avaient pas le tempsde venir les jours ouvrables. Dans plusieurs couvents d’ursulines, il yavait des associations de dames de la ville qui allaient visiter les malades,les hôpitaux et les prisons, et venaient en rendre compte aux religieusesqui leur en avaient communiqué l’impulsion, et les dirigeaient.
Nous donnons ici un tableau de toutes les congrégations d’ursulines quiexistaient avant la révolution :
(1) La ville de Tulle offre aujourd’hui un exemple bien différera par l'expulsion de huitcarmélites de leur propre maison , el ce pour avoir admis parmi elles une demoiselle de vingt-huit ans, (|ui s’y était présentée d’elle-inême.