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Quoique le culte de sainte Ursule soit bien ancien dans l’Église, on saitpeu de chose de sa vie. Tout ce qu’on peut tirer des différents récits con-cernant cette sainte, c’est qu’elle était fille de quelque prince de l’île quenous appelons Angleterre, et que les Romains nommaient la Bretagne.Elle vivait dans un temps où l’empire romain était ébranlé jusqu’en sesfondements, ou par les tyrans qui s’élevaient de tous côtés contre lesempereurs, ou par les barbares qui tentaient de s’établir dans les Gaules.Pour échapper aux troubles qui agitaient son pays, Ursule, se mettant àla tête d’une troupe de femmes de ses amies, vint chercher un asile dansles Pays-Bas.
Elle n’y fut pas plus heureuse que dans la Bretagne : elle tomba, ducôté du Rhin, entre les mains des Vandales et des Huns, qui ravageaientces contrées, et la massacrèrent avec ses compagnes. Elles furent enterréesà Cologne, par les chrétiens de cette ville, et, suivant la coutume despremiers siècles, on éleva une église sur leur tombeau. Cette église étaitdéjà célèbre en 645. ïl faut reléguer parmi les contes populaires ce qu’ona dit du nombre de ces saintes martyres, qu’on fait monter à onze mille.Cette erreur provient de l’abréviation par laquelle on les désignait : XI. M. V.,qui veut dire simplement : Onze martyres vierges.
Sainte Ursule, conduisant avec elle dix personnes de son sexe, pourmettre leur honneur et leur vie en sûreté, a paru, dans la suite, l’emblèmeet le modèle des femmes qui se dévouent à l’éducation chrétienne de lajeunesse.
La première qui se sentit appelée à une si noble fonction fut une damede la ville de Brescia, nommée Angèle, que Pie VII a mise au rang dessaintes en 1807. Angèle,alarmée desprogrèsque faisait l’hérésie de Luther,