Druckschrift 
1 (1845)
Entstehung
Seite
253
Einzelbild herunterladen
 

DES ORDRES RELIGIEUX.

2M3

les cardinaux assemblés à Viterbe pensaient à Philippe, et voulaient léle-ver sur la chaire de saint Pierre. Il le sut, et pour sy soustraire, il alla secacher, avec un de ses religieux, dans les montagnes, il vécut dherbessauvages, jusquà ce quon eût nommé un successeur à Clément IV.

Alors il quitta son désert , nomma un vicaire pour le remplacer, et par-tit, comme missionnaire, avec deux compagnons, pour aller prêcher enItalie, en France, dans les Pays-Bas-et en Allemagne pendant deux ans.Il se lit entendre avec applaudissement à Avignon, à Toulouse et à Paris.En 1274, il alla au concile de Lyon, il obtint du pape Grégoire X laconfirmation de son ordre.

Cette époque était celle les deux factions des Guelfes et des Gibe-lins mettaient toute lItalie en leu. Il travailla à calmer les fureurs des deuxpartis, mais avec peu de succès, et y courut même les plus grands dan-gers. Enfin après avoir fait la gloire de son ordre, et en avoir été lepropagateur le plus heureux, il mourut de la mort des saints, le 22 août1285, et fut canonisé par Clément V, en 1671.

Saint Philippe avait fondé des couvents de son ordre en Hongrie, enPologne et jusquaux Indes. Cest lui qui en rédigea les constitutionsdaprès les documents que lui en avaient laissés ses prédécesseurs. Cenest pas sans peine quil obtint la confirmation de ce nouvel institut. Onétait fatigué de voir tant de nouveaux ordres sétablir, et une grandepartie des cardinaux voulaient ne plus en admettre. Ce ne fut quun anaprès sa mort, en 1286, quun bref définitif fut donné par le papellono-rius IV pour le reconnaître.

Alors lordre des servîtes sétendit rapidement, de manière quil setrouva à la fin partagé en vingt-sept provinces. Boniface IX lui accorda lesmêmes privilèges dont jouissaient les autres ordres mendiants.

Le plus considérable de leurs couvents était celui de lAnnonciadc, àFlorence. Ce nétait dans le principe quune simple chapelle, construitesous le gouvernement de Buonfiglio Monaldi. On voyait dans la chapellede la sainte Vierge cinquante lampes dargent toujours allumées, et surla balustrade quatorze grands chandeliers, aussi en argent. La statue dela Vierge et lautel étaient décorés avec la plus grande magnificence. Onestimait à plus de 100,000 écus la valeur des reliquaires et du trésorrenfermé dans la sacristie. On y voyait aussi des tableaux des plus grandsmaîtres italiens.