DES ORDRES RELIGIEUX.
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(le ce saint (1). Cet édifice, qui est tout à la fois un palais et un monas-tère, coûta quarante ans de travaux et 2,270,000 ducats. L’autel seul del’église était estimé un million. Les degrés en étaient en porphyre, et letabernacle, par le grand nombre de pierres précieuses dont il était orné,avait la même valeur. Les stalles du chœur, faites d’un bois fort rare tiréde l’Inde, avaient coûté 24,000 écus, et l’orgue 27,000 ducats.
Ce bâtiment colossal renfermait vingt-deux cours, dix-sept cloîtres oucorridors, et était éclairé par onze mille fenêtres. Les revenus des religieuxmontaient à 40,000 écus. 11 s’y trouvait en outre un séminaire où l’onélevait quatre-vingts jeunes gens, qui assistaient en surplis aux officesdu chœur.
Il est à croire que toutes ces richesses ont été dévorées par la révolu-tion, qui en ce moment travaille la malheureuse Espagne, à qui ont peutdire aujourd’hui ce que disait Jésus-Christ à la malheureuse Jérusalem :« Si cognovisses et tu, et quidem in hac die tua, quæ ad pacem tibij« mmc autern abscondita sunt ab oculis tuis. » (Luc, ch. xix.)
Un des couvents les plus célèbres de l’ordre de saint Jérôme est celuiqu’on appelle de Saint-Just, en Castille, où Charles V vint se reposer desfatigues de son long règne, et où il mourut deux ans après sans y avoirfait de vœux, et y ayant rempli les devoirs imposés aux religieux, sansparaître regretter les grandeurs dont il avait joui si longtemps. Plusheureux à Saint-Just que Dioclétien à Salone, Charles V pouvait se féli-citer d’avoir passé sa vie à lutter contre les ennemis de l’Église, tandisque l’empereur romain avait employé la sienne à persécuter ses enfants.
Les hiéronimites de Saint-Just distribuaient chaque année du blé auxpauvres, surtout aux pauvres honteux, et envoyaient chaque jour auxmalades ce dont ils avaient besoin. Ceux du couvent de Madrid faisaientles mêmes aumônes et payaient chaque année une dot à une pauvre fillepour l’aider à se marier. Enfin un hôpital à Madrid était fourni à leursfrais de tout ce dont il avait besoin.
Les hiéronimites de Séville avaient aussi deux hôpitaux, un pour lesmalades ordinaires, et un pour les blessés. Leur prieur était le protec-
(i) On dit que, pendant l’action, Philippe II était prosterné dans sa tente, priant Dieu pourle succès de ses armes, comme autrefois Moïse pendant que les Israélites étaient aux prisesavec les Amalécites.