DES ORDRES RELIGIEUX.
221
Lors (le la suppression des couvents en France, à la révolution de1790, les religieuses sépulcrines de Charleville se séparèrent et retour-nèrent chacune dans leurs familles ; leur maison fut vendue et devint plustard un petit séminaire. Mais, en 1817, quelques-unes se réunirent etreçurent des novices. Elles ouvrirent alors un pensionnat, rachetèrentune partie des bâtiments'qu’elles avaient autrefois, et s’y formèrent unnouveau couvent qu’elles occupent aujourd’hui, et où elles se rendentutiles à l’éducation religieuse des jeunes personnes. Elles gardent laclôture et jouissent d’une existence heureuse.
Il y a à Charleville une autre communauté religieuse dont ne parlentni Ilelyot, ni aucun de ceux qui ont traité des établissements monastiquesen France et ailleurs. C’est celle qui fut fondée en 1G79, sous le nomde maison de la Providence, par Jeanne Idelette de Morel, pour l’in-struction gratuite des jeunes fdles de la ville. Cette maison ne faisaitpartie d’aucune congrégation et ne reconnaissait aucune autre autoritéque celle de l’archevêque de Reims.
En 1791, obligées, comme institutrices, faire je ne sais quel ser-ment, les dames de la Providence le refusèrent unanimement, et lorsqueles agents révolutionnaires vinrent pour les faire sortir de leur maison,leur supérieure, à la tête de sa communauté, leur signifia, qu’elle nesortirait que sur l’exhibition d’un acte authentique qui constatât qu’elleet ses religieuses cédaient à la force majeure. Alors toutes passèrent enpays étranger, et trouvèrent un asile à Essen, petite ville delaWest-phalie. Sous l’aile de la Providence, dont elles portaient le nom, ellesvécurent pendant dix ans, dans ce coin du monde, du travail de leursmains, attendant des jours meilleurs.
Enfin on s’aperçut, à Charleville, que rien n’avait remplacé les insti-tutrices que la révolution avaient expulsées, et les principaux habitantsde cette ville les redemandèrent pour l’éducalion de leurs enfants. Seule-ment, pour ne pas trop effaroucher les susceptibilités républicaines parun retour aux anciennes idées, l’évêque de Metz, dans le diocèse duquelCharleville se trouvait alors, crut devoir leur conseiller de prendre uncostume autre que l’ancien, avec le nom de dames de Sainte-Sophie,ce à quoi elles se prêtèrent (1). Cependant, en 1822, l’archevêque de
(I) Les dames de Sainte-Sophie furent établies, en 1807, par une ancienne religieuse, nommée