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HISTOIRE ET COSTUMES
et surtout pour celle qui dominait toutes ses pensées, la délivrance desesclaves chrétiens. Il se transporta lui-même, en qualité de rédempteur,dans le royaume de Valence, avant sa réunion à l’Aragon, pour rache-ter les captifs. Quand il ne pouvait briser leurs fers, au moins il lesconsolait et tâchait de soutenir leur courage et leur patience. Il allamême jusqu’à Alger, où il fut mis en prison ; mais son courage n’en futpas abattu, et il fit tout le bien qu’il lui fut possible auprès des malheu-reux esclaves chrétiens.
Saint Louis, roi de France, désira le voir, et il lui écrivit lui-même,pour l’engager à venir à sa cour. Nolasque, né Français, fut flatté del’invitation de son souverain, et il vint le trouver dans le Languedoc,où le saint roi était, en 1245. Louis, qui était sur le point de partir poursa première croisade, lui proposa d’être du voyage. Le saint y auraitconsenti volontiers ; mais le mauvais état de sa santé ne le lui permit pas.
En 1249, se sentant trop affaibli, il se démit du généralat et renonçaaux voyages, pour vivre dans la retraite et se préparer à la mort. Ilvécut encore sept ans, et termina sa carrière, en 1256, à l’âge desoixante-sept ans.
Son corps est toujours chez les PP. de la Merci, à Barcelone, et ilfut mis au nombre des saints en 1628, par Urbain VIII.
Le second général de l’ordre, après saint Pierre Nolasque, fut Guil-laume de Bas, Français, qui le gouverna jusqu’à l’an 1269, et mourutâgé de quatre-vingt-un ans. Il avait augmenté l’ordre de plusieurs mai-sons, quoiqu’il en eut refusé plusieurs, que lui avait offertes le roi d’Ara-gon, Jacques I er , dont le zèle pour la propagation de l’ordre de la Mercine se refroidit jamais.
Pour témoigner l’estime qu’il faisait de cet institut, il donna au gé-néral de cette association, pour lui et pour ses successeurs, le titre debaron d’Algar, avec droit de séance et voix délibérative dans ses Étatsdu royaume de Valence, où Algar était situé. Guillaume de Bas rachetaplus de quatorze cents esclaves chrétiens pendant son généralat.
Cet ordre, dans les commencements, était composé de deux sortes depersonnes ; de chevaliers, dont l’habillement ne différait de celui des sécu-liers qu’en ce qu’ils portaient une écharpe ou scapulaire, et de frères,engagés dans les ordres sacrés, qui faisaient l’office divin. Les chevaliersgardaient les côtes, pour empêcher les incursions des Mores; mais ils