DES ORDRES RELIGIEUX.
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aux cardinaux assemblés les pieux desseins des deux ermites français.Toute la cour romaine' trouva que cette entreprise ferait les plus grandsbiens et méritait des encouragements. En conséquence, il fut permis auxdeux voyageurs de fonder un nouvel ordre religieux, dont Jean de Math afut le premier chef. L’évêque de Paris et l’abbé de Saint-Victor furentchargés de leur donner une règle, laquelle fut approuvée, en 1198, parlesouverain pontife, qui leur donna pour habillement une robe blanche,avec une croix rouge et bleue sur la poitrine, et voulut que cette nou-velle famille portât le nom d 'ordre de la Sainte Trinité, d’où ces religieuxfurent appelés vulgairement les trinitaires.
De retour en France, Philippe-Auguste les accueillit, leur permit des’établir dans son royaume, et les aida de ses largesses. Un seigneur fran-çais, Gauthier de Châtillon, qui s’était distingué, en 1191, au siège deSaint-Jean-d’Acre, et qui contribua depuis au gain de la bataille deBovines,donna aux deux ermites un lieu nommé Cerfroid, qui se trouvait dansune de ses terres, dans le Valois, pour y fonder leur premier monastère,qui devint dans la suite le chef-lieu de l’ordre.
Peu après, ils fondèrent d’autres maisons avec les secours qui leurvinrent de toutes parts, tant leur entreprise philanthropique trouvait desympathie dans toute la France!
Une nouvelle croisade s’étant formée sous la conduite des comtes deFlandre et de Blois, nos deux fondateurs y joignirent quelques-uns deleurs disciples, pour administrer les secours de la religion aux croisés etracheter les captifs chrétiens des mains des infidèles.
Jean, s’étant procuré des lettres de recommandation pour l’empereur deMaroc, lui envoya deux de ses religieux, qui rachetèrent 190 esclaveschrétiens. Lui-même partit pour Tunis, où il en délivra 110. Revenu enFrance, il alla en Provence ramasser des sommes assez fortes, qu’il em-ploya à payer la rançon des chrétiens esclaves chez les Mores d’Espagne.
En 1210, il fit un second voyage à Tunis, où il racheta encore120 esclaves ; mais les infidèles, par une perfidie atroce, déchirèrent lesvoiles du bâtiment sur lequel il s’embarquait avec ses compagnons devoyage, et arrachèrent le gouvernail, dans l’intention de les faire touspérir. Matha, plein de confiance en Dieu qui le protège, étend son man-teau et ceux de tous ses compagnons en guise de voiles, se met à prier,les bras en croix, comme autrefois Moïse sur la montagne, tandis que ses
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