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HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.
Les sachets furent établis en Angleterre en 1257, par un prince dunom d’Edmond, qui leur fit bâtir un très-beau couvent.
Polydore Virgile (1) dit qu’ils suivaient la règle de saint Augustin etportaient des habits bleus, à peu près de la même forme que les ermitesde ce nom. M. Iluet dit également que le bleu était la couleur de leur habit.
Ces religieux vivaient d’une manière très-austère , n’usaient ni deviande, ni de vin. Leur habit ressemblait beaucoup à celui des capucins.Ils étaient déchaussés et portaient des sandales.
Il y avait aussi des religieuses dans cet ordre. On ne connaît pas lenom de leur fondateur. Elles portaient le nom d esachetles, et avaient unemaison à Paris, près de l’église de Saint-André-des-Arcs, dans une ruequ’on appelait des Sachettes.
Quand, au commencement du quatorzième siècle, l’ordre des sachetspenchait vers sa ruine, Philippe le Long représenta au pape Jean XXII,que les couvents qu’ils avaient à Reims, à Orléans et à Tournai étaientabandonnés, et pria le souverain pontife de donner ces maisons aux ermitesde saint Augustin. Jean XXII écrivit aux évêques de ces trois villes,qu’en vertu des décrets du concile de Lyon il les invitait à se rendre auxdésirs du roi, en mettant les ermites de saint Augustin en possession desdépouilles de l’ordre de la pénitence de Jésus-Christ.
La vie austère des sachets était-elle un précepte de leur règle, ou l’effetde leur pauvreté? Nous n’en pouvons rien dire, les historiens ne nousdonnant aucun détail de leurs constitutions, et se contentant de leur assi-gner pour règle celle de saint Augustin.
iVI. Huet se trompe quand il dit que les sachets étaient une branche del’ordre de saint François. Mais c’est avec raison qu’il les appelle les frèresde la 'pénitence de Jésus-Christ.
(1) Polydore Virgile, né à Urbin, en Italie, avait été envoyé en Angleterre pour recueillir ledenier de saint Pierre du temps d'Henri VIII. Cet Italien plut à ce monarque, qui voulut leretenir dans son île. Polydore y rédigea en latin une histoire d’Angleterre. Le style en est agréa-ble, mais l’auteur n’est pas exact dans sa narration et les fautes d’histoires n’y sont pas rares,ce qui a donné lieu à l’épigramme suivante :
« Virgilii duo sunt : aller Maro, tu, Polydore,
« Aller; tu mendax, ille poêla fuit, »