DES ORDRES RELIGIEUX.
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Mont-Fleuri, à deux lieues de Grenoble. Les religieuses de ce couventn’étaient pas cloîtrées, mais elles n’en étaient pas moins régulières dansleur conduite. Elles pouvaient hériter et jouir des biens que leurs parentsleur laissaient. Elles portaient un costume différent de celui des autresdominicaines, c’est-à-dire, en hiver, une robe noire doublée d’hermine,descendant jusqu’à mi-jambes par-dessus leur robe blanche.
Il y eut aussi des dominicaines du tiers ordre, parmi lesquelles deuxsont canonisées; ce sont sainte Catherine de Sienne, en Toscane, et sainteRose de Lima, au Mexique.
Il se trouve un trait de ressemblance entre les dominicaines et lesursulines, dont nous parlerons plus tard. Ces deux ordres ont été insti-tués pour préserver les femmes du poison de l’hérésie ; les dominicainesà l’époque des albigeois, et les ursulines à celle de Luther.
Il y avait, à Calais, un couvent de dominicaines, qui toutes, à l’excep-tion d’une seule, restèrent fidèles à leurs vœux lors de la destruction desordres religieux en France, en 1791. Leur supérieure, qui était uneAnglaise, femme d’un grand mérite, d’une maison distinguée, et une deleurs sœurs, Française, ont donné à cette époque un exemple de dévoue-ment, qui rappelle celui d’Oreste et Pvlade, et qu’on ne lira pas sansintérêt.
La supérieure s’appelait M me Grey, mais ce n’était qu’un pseudonyme.Son vrai nom était, je crois, Derwenwater; son grand-père et un de sesoncles avaient péri, m’a-t-elle dit, sur l’échafaud pour la cause du pré-tendant, Édouard Stuart, en 1746.
Retirée, avec la plupart de ses religieuses, dans une maison particulière,à Calais, après la destruction de leur couvent, elle pratiquait avec ellesles observances religieuses de son état.
Une de ses compagnes, sœur Danel, jeune religieuse d’une trentained’années, rendait en secret, à plusieurs familles de l’intérieur de la France,des services bien dangereux pour elle, en servant d’intermédiaire auxémigrés français réfugiés en Angleterre, pour foire passer leurs lettres àleurs parents et amis en France.
Les vaisseaux neutres qui, après avoir touché en Angleterre, arri-vaient à Calais, étaient souvent chargés d’un paquet de ces lettres. Maispour les dérober aux yeux de la police française; qui visitait chacun deces bâtiments, à leur entrée à Calais, le paquet, renfermé dans une vessie,