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HISTOIRE ET COSTUMES
manière plus régulière et approchant de l’état religieux. Il leur avait tracéune règle qui n’était qu’un extrait des meilleurs maximes de l’Évangile,sans presque aucune austérité, et telle, qu’en la suivant, ces religieuxlaïques auraient retracé la vie des premiers chrétiens, qui n’avaient qu’uncœur et qu’une âme.
Cette règle fut approuvée par plusieurs souverains pontifes, entre autrespar Nicolas IV, en 1289. Plusieurs princes, parmi lesquels on peut citerl’empereur Charles IV, saint Louis, roi de France, et l’infante Isabelle,souveraine des Pays-Bas, qui en prit publiquement le costume après lamort de son mari, étaient du tiers ordre de saint François.
Après la mort du saint, plusieurs personnes qui étaient de ce tiersordre, mais qui n’étaient pas mariées, conçurent l’idée de vivre d’unemanière encore plus parfaite, en faisant des vœux solennels et vivant encommunauté : ce qui donna naissance au tiers ordre rêgidier, de séculierqu’il était auparavant.
Ces religieux du tiers ordre régulier existaient déjà à Toulouse, en1289, puisque c’est à leur demande que le pape Nicolas IV confirma larègle donnée par saint François. Ces religieux de Toulouse y avaient étéétablis en 1287, par un riche bourgeois de cette ville, nommé Bechin,d’où l’on appelait ces religieux béguins.
Dans la suite, cet ordre se subdivisa en plusieurs congrégations, tellesque celles de Lombardie, d’Allemagne, d’Espagne, de Portugal et deFrance. La plupart des monastères de cette dernière congrégation avaientété ruinés pendant les guerres de religion. Celui de Toulouse était celuiqui avait le moins souffert de la fureur des huguenots, ennemis acharnésde tous les établissements religieux.
Vers l’an 1594, le P. Vincent Mussart, né à Paris, réforma cet ordre,qui portait le nom de pénitents de saint François, et le releva de ses ruines.Les couvents qu’il rétablit formèrent la Congrégation de France du tiersordre de saint François, dont le chef-lieu fut à Picpus, au bout du fau-bourg Saint-Antoine, à Paris; couvent fondé, en 1601, par Jeanne deSaulx, douairière de Mortemart, et où mourut, en 1657, le vénérableVincent Mussart. Cette congrégation, au moment de la révolution de 89,comprenait encore en France une soixantaine de maisons. Le P. Helyot, àqui nous devons la meilleure histoire que nous ayons des ordres reli-gieux, était du couvent de Picpus.