RÉFORMES DIVERSES
DANS L’OUDRE DE SAINT FRANÇOIS.
Saint François d’Assise mourut trop tôt pour donner à son ordre toutela stabilité dont il avait, besoin. Le F. Hélie, qui lui succéda dans le gou-vernement de ce nouvel institut, et qui avait déjà été son vicaire généralpendant ses longs voyages, n’était pas animédu même esprit que le saintfondateur. Ce moine peu fervent porta plusieurs atteintes à la disciplinede l’ordre, et l’autorité, dont il était revêtu, y introduisit plusieurs abus,qui affaiblirent sensiblement l’amour de la pauvreté, que saint Françoisn’avait cessé de recommander à ses disciples. Cela fut cause que plusieursreligieux, gémissant de voir le relâchement introduit dans l’ordre, s’enséparèrent, pour former à part de nouvelles congrégations, dont la vie fûtplus conforme à ce que prescrivait la règle.
Tels furent les Césarins, sous la conduite de P. Césaire de Spire,les Clarenins, établis en 1302, sur les bords de la rivière de Clarène,dans la Marche d’Ancône, sous celle de F. Ange de Cordon, et plusieursautres associations qui se formèrent en Italie, en Espagne et en France,pour revenir à l’observance pure de la règle de saint François.
De tous ces réformateurs, le plus célèbre fut le F. Paulet de Foligno,qui, en 15G8, établit une réforme qu’avait déjà entreprise le F. Gentilde Spolette, mais qui n’avait pas réussi.
F. Paulet était fils d’un gentilhomme suédois, nommé de Trinci, et quidemeurait à Foligno. Étant entré, dès l’âge de quatorze ans, dans l’ordrede saint François, et voulant vivre d’une manière plus régulière que lesautres religieux du même ordre, il se retira dans une vieille tour, quiappartenait à un de ses parents. Le général de tout l’ordre de saint Fran-çois étant venu à Foligno, pour y tenir un chapitre général, le seigneurde la ville, Hugolin de Trinci, parent du F. Paulet, lui demanda pour