DES ORDRES RELIGIEUX.
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parler de réforme, et l’évêque, de son côté, ne voulant cependant pasperdre un prêtre qui pouvait lui rendre de si grands services, l’engageaà bâtir un monastère dans son diocèse. Norbert choisit un lieu nomméPrémontré, dans la forêt de Coucy, et où se trouvait une petite chapelleà moitié ruinée. C’est là qu’il fonda un monastères, qui prit le nom dePrémontré, du lieu où il était situé, et qui eut, pour premiers religieux,treize sujets qui vinrent du Brabant, et auxquels s’en joignirent bientôtd’autres; de manière qu’ils formèrent le nombre de quarante, qui firenttous profession, le jour de Noël 1121. Ils prirent l’habit blanc, sous le nomde chanoines réguliers, et embrassèrent la règle de saint Augustin, qu’ilsobservèrent dans toute sa rigueur.
Quelques années après la fondation de Prémontré, Norbert eut occasionde faire un très-bel établissement de son ordre à Anvers. Voici ce qui ydonna lieu.
Un imposteur nommé Tanchelin, ou Tanchelme, né à Anvers, hommeadroit et doué d’une certaine éloquence, y avait prêché les erreurs querenouvelèrent après lui les Albigeois, en attaquant la hiérarchie ecclésias-tiques. Ses déclamations contre les prêtres et les sacrements, texte ordinairede tous les ennemis de la religion, avaient trouvé de l’écho parmi sescompatriotes, et il leur avait tellement fasciné l’esprit, qu’il s’était forméparmi eux une espèce de garde de 5000 hommes, qui l’accompagnaientpartout et veillaient à sa sûreté (1). Il avait été tué, en H15, dans uneémeute : mais sa doctrine lui avait survécu et ses partisans étaient les plusforts dans la ville.
L’évêque de Cambrai et le chapitre d’Anvers ne virent que Norbertcapable de ramener une population si profondément pervertie. Ils l’appe-lèrent donc ; il y alla avec quelques-uns de ses disciples, et ses travauxfurent si heureux, que les peuples que Tanchelin avait séduits renoncèrentà leurs erreurs. Les chanoines d’Anvers, voulant récompenser Norbert de
(1) On raconte de lui un irait qui prouve combien ce fanatique savait exploiter la crédulité,des peuples. Il s’avise un jour de dire qu’il vient d’épouser la sainte Vierge. En même tempsil place, à sa droite et à sa gauche, deux bassins, un pour les hommes, et un pour les femmes, endisant qu’il va voir quel sera le plus généreux des deux sexes, pour contribuer à former la dotde sa nouvelle épouse. Ce fut h qui donnerait davantage. Les femmes arrachaient leurs plusprécieux ornements, pour enrichir l’imposteur, qui ramassa de grandes sommes, parcelle rusegrossière.