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HISTOIRE ET COSTUMES
Saint. Bernard a été mêlé à tous les événements du sien, et a exercé unegrande prépondérance sur les hommes et sur les choses. Saint Thomasd’Àquin fut un homme de cabinet, mais saint Bernard, plus éloquent quelui, fut un homme d’action. C’est sans doute à cause de l’importance dont ila joui de son temps, qu’on a donné aux religieux de Cîteaux, qui sont sortisdu monastère de Clairvaux, dont il était ahbé, le nom de bernardins.Mais quant aux religieuses bernardines, il est difficile d’assigner la raisonpour laquelle elles ont pris ce nom, puisqu’elles n’ont eu rien de communavec saint Bernard, et que le premier monastère de femmes, de l’ordre deCîteaux, fut fondé, il est vrai, du temps de saint Bernard, mais par saintÉtienne, ahbé de Cîteaux, entre les mains duquel saint Bernard lui-mêmeavait fait ses vœux. Le premier monastère de femmes fut celui de Tart,fondé, en 4120, dans le diocèse de Langres.
Après ce monastère, on en vit s’élever de pareils à Fervaque, diocèsede Noyon, en 1140; à Blandèques, près de Saint-Omer, en 1453; et à Mon-treuil-les-Dames, près de Laon, en 4164. Herman de Laon, dans son livrede s miracles, dit que les religieuses de ce dernier monastère ne portaientni linge, ni fourrures; qu’elles ne s’occupaient pas seulement à coudre et àfiler, mais qu’elles allaient dans la forêt arracher les ronces et les épines,qu’elles travaillaient continuellement, gardant un grand silence, et imitanten tout les moines de Clairvaux.
La filiation de Clairvaux passa, de France, en Italie,- en Hongrie, auxPays-Bas, en Espagne et en Portugal.
Un des plus riches monastères de bernardines, en Espagne, est celuiqu’on appelle las Iluelgas de Burgos, dont l’abbesse a juridiction sur unedouzaine d’autres, et même sur un monastère d’hospitaliers.
Ce monastère de las Iluelgas fut fondé, à Burgos, en 1187, par Al-phonse VIII, roi de Castille, qui se plut à l’enrichir, et lui prodigua toutessortes de privilèges. Une de ses filles y prit l’habit, et en fut faite abbesse.On y vit plusieurs autres filles de princes y faire profession.
Quand l’abbesse de las Iluelgas allait visiter les monastères qui dépen-daient du sien, son train était composé d’un grand nombre de domestiqueset de chevaux. Tant d’honneurs prodigués à une femme lui firent croirequelle marchait de pair avec les abbés, au point qu’en 4240, on vit uneabbesse de las Ihietgas monter en chaire, pour prêcher, et prétendreconfesser ses religieuses. Une pareille outrecuidance fut dénoncée au pape