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1 (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

Saint. Bernard a été mêlé à tous les événements du sien, et a exercé unegrande prépondérance sur les hommes et sur les choses. Saint ThomasdÀquin fut un homme de cabinet, mais saint Bernard, plus éloquent quelui, fut un homme daction. Cest sans doute à cause de limportance dont ila joui de son temps, quon a donné aux religieux de Cîteaux, qui sont sortisdu monastère de Clairvaux, dont il était ahbé, le nom de bernardins.Mais quant aux religieuses bernardines, il est difficile dassigner la raisonpour laquelle elles ont pris ce nom, puisquelles nont eu rien de communavec saint Bernard, et que le premier monastère de femmes, de lordre deCîteaux, fut fondé, il est vrai, du temps de saint Bernard, mais par saintÉtienne, ahbé de Cîteaux, entre les mains duquel saint Bernard lui-mêmeavait fait ses vœux. Le premier monastère de femmes fut celui de Tart,fondé, en 4120, dans le diocèse de Langres.

Après ce monastère, on en vit sélever de pareils à Fervaque, diocèsede Noyon, en 1140; à Blandèques, près de Saint-Omer, en 1453; et à Mon-treuil-les-Dames, près de Laon, en 4164. Herman de Laon, dans son livrede s miracles, dit que les religieuses de ce dernier monastère ne portaientni linge, ni fourrures; quelles ne soccupaient pas seulement à coudre et àfiler, mais quelles allaient dans la forêt arracher les ronces et les épines,quelles travaillaient continuellement, gardant un grand silence, et imitanten tout les moines de Clairvaux.

La filiation de Clairvaux passa, de France, en Italie,- en Hongrie, auxPays-Bas, en Espagne et en Portugal.

Un des plus riches monastères de bernardines, en Espagne, est celuiquon appelle las Iluelgas de Burgos, dont labbesse a juridiction sur unedouzaine dautres, et même sur un monastère dhospitaliers.

Ce monastère de las Iluelgas fut fondé, à Burgos, en 1187, par Al-phonse VIII, roi de Castille, qui se plut à lenrichir, et lui prodigua toutessortes de privilèges. Une de ses filles y prit lhabit, et en fut faite abbesse.On y vit plusieurs autres filles de princes y faire profession.

Quand labbesse de las Iluelgas allait visiter les monastères qui dépen-daient du sien, son train était composé dun grand nombre de domestiqueset de chevaux. Tant dhonneurs prodigués à une femme lui firent croirequelle marchait de pair avec les abbés, au point quen 4240, on vit uneabbesse de las Ihietgas monter en chaire, pour prêcher, et prétendreconfesser ses religieuses. Une pareille outrecuidance fut dénoncée au pape