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1 (1845)
Entstehung
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Il E U N A U DINES

Au nom de bernardins et de bernardines, bien des gens sans doutesimagineront que saint Bernard a fondé un ordre auquel il a donné sonnom. Cest une erreur semblable à celle quon trouve dans le nouveaudictionnaire de lAcadémie française, on lit que les ursulines sont unordre de religieuses qui suivent ta règle de sainte Ursule , comme si jamaissainte Ursule avait songé à écrire une règle pour des religieuses !

Saint Bernard (1) fut, dans lordre de Cîteaux, ce que saint ThomasdAquin fut dans celui de saint Dominique, cest-à-dire que lun et lautrefurent lornement de lordre dans lequel ils sétaient engagés. Ni lun nilautre na fondé aucune nouvelle association religieuse, mais ils ont ré-pandu un grand lustre sur celles dont ils faisaient partie. Sils ont été égauxen piété, en talents, ils ne lont pas été sous le rapport de linfluence quilsont eue sur leur siècle.

(1) Saint Bernard, en 1091, près de Dijon, dnne bonne maison de Bourgogne, futlhomme le plus éloquent de son temps. Cest ce qui lui donna , sur ses contemporains, cetascendant que lon admire encore aujourdhui. Doux, compatissant, persuasif, il réussit danstout ce quil entreprit. Heureusement que cet homme était porté au bien, car, sil eût étépoussé par le démon du mal, combien ses talents nen auraient-ils pas produit! Il prêcha laseconde croisade, et entraîna les princes et les peuples vers lOrient. Son exemple remplit lescloîtres de jeunes gens des premières maisons de la Bourgogne. Son propre père vint semettre sous la conduite de son fils, et mourut moine de Clairvanx. Rien ne se faisait sansBernard, et il paraissait dans toutes les cours, soit pour réconcilier les princes, qui se fai-saient la guerre, soit pour ramener ceux qui suivaient de mauvaises voies, ou pour éteindreles schismes qui affligeaient lÉglise. Au milieu de toutes ces graves affaires, il fondait partoutdes monastères, quil remplissait de son esprit. Le voir, lentendre était un bonheur que chacunambitionnait. On montrait encore, de nos jours, les lieux honorés de sa présence. Jai vu, àlabbaye de Corbie, la chambre il avait logé, en passant dans celte ville,

Cet homme mortifié et qui navait, pour ainsi dire, quun souffie de vie, était cependantlâme de tout ce qui se faisait de bien dans son siècle, et il semblait tout vivifier, Il mourut en1155, à soixante-deux ans.

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