HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.
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L'instituteur de cette société religieuse tut un chanoine de l’églisecathédrale de Saint-Lambert, à Liège. Il se nommait Théodore de Celles,et était fds du baron de Celles, seigneur liégeois qui descendait desanciens ducs de Bretagne, et était allié aux maisons de Lorraine et deLusignan. Théodore naquit au château de Celles, en 1100. Son père,homme pieux, prit soin de son éducation, lui inspira les sentimentsreligieux dont lui-même était animé, et l’envoya après ses études à lacour de Raoul, évêque et prince de Liège. C’était à l’époque oii les légatsdu pape Clément III prêchaient en Allemagne une croisade pour aller ausecours du royaume de Jérusalem. Les rois de France et d’Angleterre,l’empereur Frédéric Barberousse, ainsi que beaucoup d’autres princes,venaient de se croiser. L’évêque de Liège fut un des premiers à obéirau noble enthousiasme de ces temps héroïques. Il partit pour la Syrie,et se fit suivre du jeune baron de Celles, qui avait à peine vingt-deux ans.
Les troupes liégeoises faisaient partie de l’armée commandée par l’em-pereur, et qui agissait séparément de celles que commandaient les rois defranco et d’Angleterre. Les Allemands battirent les Turcs sur les bordsdu Méandre; mais bientôt l’empereur trouva la mort dans les eaux duCydnus, qui autrefois avait failli être si fatal à Alexandre. Il n’en fallutpas davantage pour faire manquer l’expédition. L’évêque Raoul ramenases troupes aux Pays-Bas, et jugeant que le jeune Théodore avait plusd’inclination pour l’état ecclésiastique que pour les armes, il le nommaà un canonicat de sa cathédrale, en 1191. Ce prélat mourut la mêmeannée.
Son successeur légitime, d’après le choix libre du chapitre, était Albertde Louvain, frère du duc de Brabant, Henri I er . Mais l’empereurHenri VI le chassa à main armée de Liège, pour y établir un intrus,nomme Lolhaire. Albert se réfugia à Reims, et il paraît que c’est là quele jeune baron de Celles reçut de lui la consécration sacerdotale. Albertayant été massacré peu de temps après à Reims, par trois gentilshommesallemands qui avaient cru faire par là leur cour à l’empereur, si toutefoisils n’étaient pas ses stipendiés, eut pour successeur Albert de Cuyck (I ),
(t) C’esi sous le pontificat de cet évêque qu’on découvrit, en 1198, les mines de houille dupays de Liège. Cette découverte fut regardée comme un l'ait miraculeux. Voici comme leP. Fizen la raconte, dans son Histoire de Liège, d’après la tradition du pays :
« l’n vieillard d’un air respectable, vêtu d’une robe blanche, passant par un endroit nommé