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On connaît trois ordres différents de religieux croisiers ou porte-croix.
Le premier et le plus ancien était déjà établi en Italie du tempsd’Alexandre III, qui lui donna, en 1109, une nouvelle règle. Le chef-lieude cet ordre était à Bologne, dans la Romagne, et il fut supprimé en1050, par Alexandre VII. Au concile de Mantoue, en 1459, il fut réglé(pie ces religieux porteraient une tunique avec un scapulaire, un manteaupar-dessus et un grand camail, le tout de couleur bleue, et qu’ils auraienttoujours à la main une croix, soit d’argent, soit de fer.
Le deuxième ordre de ce nom s’établit aux Pays-Bas, au commence-ment du treizième siècle.
Le troisième commença en Bohême, vers l’an 1250. Ces croisiersallemands sont des hospitaliers, dont le premier établissement se fit àPra gue, et d’où ils s’étendirent en Silésie, en Autriche, en Moravie et enPologne. Leur fondatrice fut Agnès, fille d’Ottocar I er , roi de Bohême :princesse qui se fit elle-même religieuse, et fit bâtir à Prague, en 1254,un hôpital pour être desservi par ces religieux.
Oulre la croix, ils portent une étoile rouge pour être distingués desautres croisiers. Leurs hôpitaux furent richement dotés par les grandsseigneurs de la Bohême et des pays voisins. Ils reconnaissaient dans lecommencement pour général l’archevêque de Prague ; mais dans la suiteils se donnèrent pour chef un général de leur ordre. Quand ils sortent(car ils existent encore), ils sont habillés de noir, comme les ecclésias-tiques, avec une croix rouge à huit pointes, au-dessous de laquelle estune étoile de la même couleur, et qu’ils attachent sur le côté gauche. Auchœur ils ne portent pas de surplis, mais une espèce de petit manteau(pii descend jusqu’aux genoux, et qu’ils rejettent derrière le dos.
Nous parlerons plus en détail des croisiers des Pays-Bas.