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1 (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

quelle avait demandé à Rome, son beau-frère lui faisait bâtir, en 1501,un couvent à Avila, et elle en prit possession avec quelques autres fdles,en 1562.

La base de sa réforme était la mortification des sens, lexercice de laprière, un silence presque continuel et une telle pauvreté, que les reli-gieuses navaient pour vivre que le produit de leur travail et les aumônesde leurs concitoyens. Leurs habits étaient dune grosse serge : elles por-taient des sandales au lieu de souliers, couchaient sur la paille, et, à moinsdune grande nécessité, ne mangeaient jamais de viande.

Quatre ans après lérection du couvent dAvila, qui portait le nom deSaint-Joseph, le général de lordre des carmes vint le visiter, et fut sicharmé de tout ce quil y vit, de la prudence et du zèle de Thérèse,quil lui permit de fonder dautres monastères sur le même plan, etlautorisa même, comme nous lavons dit, à en élever deux pour leshommes.

Ce fut, en 1567, que le deuxième couvent des carmélites déchausséesfut fondé à Médina-del-Campo : le troisième le fut à Malagon. De ilsen établit dautres, à Yalladolid, à Salamanque, à Ségovie, etc.

Une nouvelle tempête séleva contre Thérèse, en 1575. On alla jusquàattaquer ses mœurs. Elle tint tête à lorage, et sadressa même au roi,pour implorer son secours contre ses ennemis. Sa fermeté, son esprit,ses grâces naturelles la firent enfin triompher de tous les obstacles quonlui opposait.

Un historien de sa vie dit quau maintien le plus modeste, et à unenoble gravité, elle joignait une telle discrétion dans ses paroles, une siaimable simplicité dans ses mœurs, que sa vue seule inspirait le respect,et faisait aimer la vertu à ceux qui avaient le bonheur de converser avecelle. Enfin elle vint à bout de fonder seize couvents de carmélites et qua-torze de carmes déchaussés.

Vers la fin de sa vie, telle était la réputation de sainteté dont elle jouis-sait, que, lorsquon savait la route quelle devait tenir, le peuple accou-rait des campagnes pour la voir passer et demander sa bénédiction. Lebruit de son arrivée la devançait dun lieu à lautre et on se disputaitlhonneur de la loger. Un jour, un bon laboureur, ayant appris quelledevait passer par son village, lui fit préparer à dîner du mieux quil put,assembla dans sa maison toute sa famille, qui était nombreuse, et ordonna