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HISTOIRE ET COSTUMES
qu’elle avait demandé à Rome, son beau-frère lui faisait bâtir, en 1501,un couvent à Avila, et elle en prit possession avec quelques autres fdles,en 1562.
La base de sa réforme était la mortification des sens, l’exercice de laprière, un silence presque continuel et une telle pauvreté, que les reli-gieuses n’avaient pour vivre que le produit de leur travail et les aumônesde leurs concitoyens. Leurs habits étaient d’une grosse serge : elles por-taient des sandales au lieu de souliers, couchaient sur la paille, et, à moinsd’une grande nécessité, ne mangeaient jamais de viande.
Quatre ans après l’érection du couvent d’Avila, qui portait le nom deSaint-Joseph, le général de l’ordre des carmes vint le visiter, et fut sicharmé de tout ce qu’il y vit, de la prudence et du zèle de Thérèse,qu’il lui permit de fonder d’autres monastères sur le même plan, etl’autorisa même, comme nous l’avons dit, à en élever deux pour leshommes.
Ce fut, en 1567, que le deuxième couvent des carmélites déchausséesfut fondé à Médina-del-Campo : le troisième le fut à Malagon. De là ils’en établit d’autres, à Yalladolid, à Salamanque, à Ségovie, etc.
Une nouvelle tempête s’éleva contre Thérèse, en 1575. On alla jusqu’àattaquer ses mœurs. Elle tint tête à l’orage, et s’adressa même au roi,pour implorer son secours contre ses ennemis. Sa fermeté, son esprit,ses grâces naturelles la firent enfin triompher de tous les obstacles qu’onlui opposait.
Un historien de sa vie dit qu’au maintien le plus modeste, et à unenoble gravité, elle joignait une telle discrétion dans ses paroles, une siaimable simplicité dans ses mœurs, que sa vue seule inspirait le respect,et faisait aimer la vertu à ceux qui avaient le bonheur de converser avecelle. Enfin elle vint à bout de fonder seize couvents de carmélites et qua-torze de carmes déchaussés.
Vers la fin de sa vie, telle était la réputation de sainteté dont elle jouis-sait, que, lorsqu’on savait la route qu’elle devait tenir, le peuple accou-rait des campagnes pour la voir passer et demander sa bénédiction. Lebruit de son arrivée la devançait d’un lieu à l’autre et on se disputaitl’honneur de la loger. Un jour, un bon laboureur, ayant appris qu’elledevait passer par son village, lui fit préparer à dîner du mieux qu’il put,assembla dans sa maison toute sa famille, qui était nombreuse, et ordonna