DES ORDRES RELIGIEUX.
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lion, avant de mourir, de voir quinze couvents de sa réforme établis.Après sa mort, cet institut, qui était déjà passé aux Indes, s’étendit enFrance, en Italie et aux Pays-Bas.
Les carmes déchaussés furent appelés à Bruxelles, en 1010, pour di-riger la conscience des carmélites, qui y étaient fondées depuis 1007. L’in-fante Isabelle fit venir pour cela le P. Thomas de Jésus, avec cinq autresreligieux espagnols. On leur donna l’emplacement de l’ancien hôtel deCulembourg, confisqué et rasé en 1508, par le duc d’Albe, pour avoir étéle lieu où s’était tramée la conspiration des Gueux, qui fut un des pre-miers actes de la révolte des Pays-Bas contre l’Espagne. Ces religieux yportaient le nom de petits carmes, pour les distinguer des grandscarmes, qui, comme nous l’avons dit, existaient en cette ville depuisl’année 1249.
La maison des petits carmes est aujourd’hui changée en une prison,qui en a retenu le nom, ainsi que la rue où elle est située. Leur église,achevée en 1012, a été abattue en 1810 (1). On voit encore les murs declôture de leur jardin.
Les carmes déchaussés portaient une tunique et un scapulaire de cou-leur brune et un manteau blanc étroit, avec un capuce de même couleur.Ils allaient nu-pieds avec des sandales de cuir.
Comme les franciscains et les augustins, les carmes eurent aussi leurtiers ordre. C’est en 1477 que Sixte IV donna une bulle pour autorisercette institution.
Ce tiers ou troisième ordre était ainsi appelé parce qu’il formait latroisième classe des grandes familles religieuses, dans lesquelles les hommes
(1) C’est clans cette église que fut enterré, en 1711, l’infortuné J. B. Rousseau , le Pindarefrançais, mort en exil à Bruxelles. Cet homme célèbre n’y avait même pas été honoré d’unesimple épitaphe, tandis que l’on voit dans nos cimetières des monuments fastueux élevésdans ces derniers temps à des régicides français. Heureusement, un homme de lettres modeste,feu M. Baudcwyns , ancien professeur, savait l’endroit où gisaient les restes de Rousseau.Quand il fut question d’abattre l’église, en 1810, M. le duc d’Ursel, alors maire de Bruxelles,'le chargea de diriger les travaux de l’exhumation. Elle réussit : on mit les ossements dans unnouveau cercueil, et l’on se proposait d’ériger au malheureux poêle un monument dansl’église du Sablon ou ailleurs. Mais les événements politiques survenus depuis tirent perdrecet objet de vue. En attendant, les restes de Rousseau furent déposés dans une chapelle del’église du Sablon , et dans ce moment des ouvriers sont occupés, dans celte église, à élever lemonument projeté depuis si longtemps.