CARMES RÉFORMÉS.
L’ordre des earines, passé en Europe, au commencement du treizièmesiècle, comme nous l’avons dit, commençait dans le siècle suivant à serelâcher, lorsque Dieu suscita un religieux fervent, qui entreprit de leréformer. Ce religieux était français, et s’appelait Jean Sorelh, né en Nor-mandie, vers l’an 1420.
Son mérite l’avait fait nommer général de tout l’ordre, en 1451, àAvignon, où se tenait le chapitre général de cette association religieuse. 11se servit de l’autorité dont il était revêtu pour rappeler son ordre à sa pre-mière ferveur, en donnant lui-même l’exemple de la régularité.
Il parcourut toutes les provinces et visita toutes les maisons de l’ordrequi y étaient répandues, prêcha partout, employant la persuasion et l’au-torité, lorsqu’il le fallait, pour ramener tous ses frères à l’esprit primitifde leur institut. On le vit à Cologne, en 1461; à Bruxelles, en 1462; àRome, en 1466, toujours occupé de la grande réforme, unique objet detoutes ses pensées. Il est le premier qui ait institué des religieuses carmé-lites : il obtint pour elles des bulles de confirmation des papes Nicolas Vet Paul II.
Des couvents de ces filles, qu’il avait fondés, il affectionnait particuliè-rement celui de Liège, qu’il visitait souvent, et d’où furent tirées les pre-mières religieuses qui s’établirent en France.
Ce zélé réformateur mourut, en 1471, à Nantes, empoisonné parquelques religieux qui ne voulaient pas se soumettre à la réforme. Il n’ajamais été que béatifié.
Avant lui, un autre religieux français, né à Rennes, et nommé ThomasConecte, avait aussi voulu réformer son ordre.
C’était un grand prédicateur, qui, comme tel, obtint beaucoup desuccès en Flandre el dans l’Artois. On voyait ordinairement seize à vingt