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HISTOIRE ET COSTUMES
lèles, d’où la rue où ils eurent leur premier couvent, à Paris, s’appelleencore aujourd’hui la rue des Barrés.
Tls n’avaient alors ni manteaux ni scapulaires; ce.n’est qu’après la mortdu B. Stok, vers 1285 et 1288, qu’ils ajoutèrent ces deux pièces à leurhabit. Le scapulaire était un morceau d’étoffe qui pendait, des épaules enbas, par devant et par derrière. Le B. Simon avait établi une confrérie dece nom, en l’honneur de la sainte Vierge. Les confrères portaient cetajustement, mais' au-dessous de leurs habits. Plusieurs souverains decette époque se firent inscrire dans cette confrérie. Sur la fin de ses jours,Simon Stok vint en France, et mourut à Bordeaux, en 1265, après avoirvécu cent ans dans les exercices d’une pénitence continuelle. Il futenterré dans la cathédrale de Bordeaux, où il est honoré comme saint,ainsi que dans tout l’ordre des carmes.
Sur la fin du dix-septième siècle, il s’éleva, dans les Pays-Bas, unedispute célèbre entre les jésuites et les carmes, au sujet de l’antiquité deceux-ci. Ils prétendaient avoir été institués par le prophète Élie, et êtrepar conséquent antérieurs au Nouveau Testament. Cette prétention futvivement combattue par le père Papebroch, savant jésuite d’Anvers, etcontinuateur des Actes des Saints commencés par Bollandus. Tout lemonde savant resta spectateur de cette lutte, qui produisit un grandnombre d’écrits de part et d’autre, mais où la modération ne fut pastoujours gardée du côté des carmes. Ceux-ci, qui étaient les plus acharnés,dénoncèrent le père Papebroch à Rome, et même à l’inquisition d’Espagne,dont les Pays-Bas dépendaient alors. Le jésuite anversois fut condamnéen Espagne; mais le pape Innocent XII, plus prudent, jugea plus conve-nable d’imposer silence aux deux partis, par une bulle du 20 novem-bre 1698. La lutte avait duré trente ans.
Ce qui égaya un peu la matière, c’est qu’au fort de la discussion, unreligieux des Frères de la Charité, fondés par saint Jean de Dieu, vintsoutenir que les carmes n’étaient pas l’ordre le plus ancien, puisqu’il neremontait qu’à Élie, tandis que celui des Frères de la Charité remontaitjusqu’à Abraham, le premier qui eût établi un hôpital dans la vallée deMambré, en sa propre maison; qu’ainsi les Frères delà Charité étaientantérieurs de neuf cents ans aux Frères du mont Carmel.
De pareilles disputes paraîtraient aujourd’hui bien frivoles. Les carmesn’avaient-ils pas assez de leurs vertus, pour prétendre au respect des