CHANOINES REGULIERS
DE WINDESHEIM.
Peu de pays ont éprouvé autant de bouleversements de toute espèceque le royaume de Hollande, ci-devant la république des Provinces-Uniesdes Pays-Bas. Après avoir été, à plusieurs reprises, ravagé par les déborde-ments de l’Océan, ce pays, jadis catholique, a vu déborder sur lui toutesles extravagances religieuses, ou plutôt irréligieuses, qui ont signalé sarévolte contre la maison d’Autriche, à qui celle de Bourgogne avait trans-mis ce riche héritage.
Ces provinces, livrées à l’hérésie depuis près de trois siècles, ontcependant donné naissance à une congrégation célèbre, dont a été membrele vénérable Thomas a Kempis, auteur du livre immortel de Y Imitationdo Jésus-Christ, un des plus beaux monuments que les hommes aientélevés à la loi catholique : je veux parler de la congrégation des chanoinesréguliers de Windesheim.
Le fondateur de cette société religieuse s’appelait Gérard de Groot, oule Grand, et était né, en 1340, h Deventcr, dans l’Overyssel, ville dudiocèse d’Utrccht, de parents riches, qui ne négligèrent rien pour luidonner une bonne éducation. Son père, lui trouvant de grandes disposi-tions pour les sciences, l’envoya à Paris, lorsqu’il eut quinze ans, pour yfaire ses cours de philosophie et de théologie. Ses talents le firent recher-cher par les savants, qui trouvaient en lui une érudition peu commune àson âge.
Riche par lui-même, et pourvu de plusieurs bénéfices, il vivait dansune grande aisance et ne se refusait pas aux plaisirs et aux jouissancesdu monde. Mais un homme pieux, dont il avait fait la connaissance, luiayant inspiré des sentiments plus chrétiens, il résolut de suivre une autreligne de conduite, et de renoncer aux joies et pompes du siècle. Unde ses compagnons d’études, prieur d’un couvent de chartreux, dans la