lllSTOIltE ET COSTUMES
! H
les pays chauds, en Italie, en Espagne et en Portugal, où cette _devait sembler moins austère que dans des climats moins tempérés. Aussiles ordres nés en France, comme les Jésuites, les Chartreux, les Prémon-Irés et les Trappistes, n’étaient-ils pas déchaussés.
Nous allons parler des Augustines qui le sont.
Ces religieuses reconnaissent, pour fondatrice, une demoiselle espa-gnole, nommée Prudence Grillo, sur qui un événement inopiné a produitun changement subit d’idées et d’affections.
Élevée à la cour de Madrid, elle songeait peu à son salut, et vivait dansle tourbillon du grand monde. Mais la mort ayant enlevé un gentilhommequ’elle aimait, la vie lui parut désenchantée, et elle renonça à tous lesplaisirs qui l’avaient occupée jusqu’alors.
Elle se renferma dans sa maison, l’ouvrit, à tous les évêques catholiques,(pie le fanatisme persécuteur de Henri VIII avait chassés de l’Angleterre,employa tous ses revenus à marier de jeunes filles dont la misère mettaitla vertu en péril, et se dévoua entièrement aux œuvres de charité. De plus,elle donna sa propre maison et tous ses biens, pour y élever un monastèred’Augustines réformées, ce qui eut lieu en 1589.
Vingt ans après, les religieuses établies dans cette nouvelle maisonfurent transférées dans une autre destinée à l’éducation des filles desofficiers du roi d’Espagne. Alors le pape donna un bref, qui confirmait cenouvel établissement, et c’est de l’an IG 10 que date l’existence des Augus-tines déchaussées, dont la première supérieure fut la mère Jeanne Velas-quez, morte en 1019.
D’Espagne, cette réforme passa en Portugal en 1005. Le premier mo-nastère y fut fondé, cette année, près de Lisbonne, par la reine, femmede Jean IV.
Les Augustines portugaises sont habillées en blanc les jours ordinaires,et en noir les jours de fêtes. Elles portent des sandales de cordes, neparlent à personne du dehors, pas même à leurs parents, et se cachent levisage, de manière à ne pas être vues, quand elles doivent recevoir lavisite du médecin.
Une autre réforme introduite dans cet ordre est celle qu’on appelle lesAugustines de la Récolleclion, établie par Marianne Mançanedo, née deparents nobles, en Espagne, en 1508.
Ayant été mise, dès l’âge de huit ans, en pension chez les Augustines