HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.
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» même âme en Dieu. C’est, en considérant tous ces biens que Dieu vous» a donnés, que mon cœur trouve encore quelque repos, au milieu des» tempêtes qui le bouleversent, à la vue des maux qui nous assiègent de» toutes parts (I). »
Une autre fois il leur écrivait :
« Supportez-vous les unes les autres avec charité, et travaillez avec soin» à conserver l’union mutuelle par le lien de la paix; car vous Irouverez» toujours des choses à supporter les unes des autres. »
C’est dans le même sens qu’un prélat respectable du siècle dernier,M. de la Motlie, évêque d’Amiens, écrivait à une religieuse qui lui avaitdemandé quelques avis : « Quand on aurait., dans les communautés, toutes» les vertus et tous les talents, si l’on manque de support et de cordialité,» on devient non-seulement inutile, mais préjudiciable, parce que tou(» cela ne sert qu’à inspirer de l’orgueil, et à se persuader qu’on est au-» dessus des autres.
» La cordialité est la fleur de la charité; elle rend aimable tout, ce» qu’on donne, et tout ce qu’on fait pour les autres; et le support est» si nécessaire, que, sans cela, on peut dire n’avoir point de voca-» tion. »
Après la mort de la sœur d’Augustin, la paix qui avait régné dans samaison fut troublée, ce qui causa beaucoup de chagrin au saint docteur.L’élection d’une nouvelle supérieure fut une pomme de discorde, dans unlieu qui avait été jusque-là le sanctuaire de la concorde. C’est alorsqu’Augustin, navré de douleur de voir la division qui régnait dans cemonastère, écrivit aux religieuses une lettre pleine de reproches, et,pour couper le mal dans sa racine, il leur prescrivit la règle suivante,rédigée en douze articles. Comme dans la suite cette règle fut, à peuprès, celle que suivirent, les Ermites de saint Augustin, nous allons ladonner ici.
I" Que tout soit commun entre les religieuses.
2" Que les plus riches ne prennent point d’orgueil de ce qu’elles ontapporté à la communauté de plus que les autres.
5° On ne chantera à l’église (pie les psaumes et les hymnes (pii fouipartie de la liturgie.
(I) C’élail le leinr>s où les barbares bouleversaient les Gaules cl l’Kspagne.