AUGUSTINES.
Sans prétendre que saint Augustin ait été moine, il est certain, et onl’a vu dans le chapitre précédent, qu’avant d’être évêque, il avait déjàréuni quelques compagnons, avec lesquels il vivait en commun dans lesexercices de la piété. C’est sans doute le premier, parmi les illustres per-sonnages dont s’honore l’Église latine, qui ait donné l’exemple d’une viecommune soumise à des règles.
Une fois promu à l’épiscopat, il continua ce genre de vie, ayant tou-jours auprès de lui un certain nombre de clercs, avec qui il pratiquait desdevoirs religieux dans les intervalles que lui laissaient les devoirs de sonministère et la composition de ses nombreux ouvrages.
A son exemple, et sans doute par ses conseils, une de ses sœurs ras-sembla aussi quelques compagnes, avec lesquelles elle se livra aux prati-ques de la piété dans une maison commune.
Cette première communauté de femmes, la plus ancienne dont il soitparlé dans l’Église d’Occident, et dirigée par la sœur de saint Augustin,renfermait plusieurs des parentes du saint évêque, ses nièces et ses cou-sines, et il paraît même que c’était là qu’on élevait les orphelines confiéesà la garde de l’Église.
Ce monastère donnait beaucoup de consolations à l’évêque d’Hippone.Il visitait peu ces filles respectables, mais il leur écrivait souvent. Voiciquelques fragments d’une lettre qu’il leur adressa.
« Au milieu de tant de scandales qui arrivent de toutes parts dans le» monde, ma joie et ma consolation est de penser à votre société si nom-» breuse, à l’amour pur qui vous unit, à la sainteté de votre vie, à l’effu-» sion abondante de la grâce de Dieu sur vous; grâce qui vous fait non-» seulement mépriser des noces charnelles, mais vous fait choisir une vie» commune, une sainte société qui vous donne un même cœur et une