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1 (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

les pélagiens (1); on le consultait, de toutes les parties de lEmpire, tantsur des questions de foi, que sur des matières de discipline. Partout il futle fléau de lerreur. Son activité, sa vaste érudition, la puissance de sadialectique, en faisaient loracle du siècle et la colonne de lÉglise.

Augustin, dans ses dernières années, fut témoin du désastre de sa pa-trie. LEurope avait jeté sur lAfrique les barbares que lAfrique devait re-verser sur lEurope trois siècles après (2). Les Vandales, en vingt-trois ans,étaient arrivés de la Baltique aux colonnes dHercule, après avoir traversé,comme un torrent, les Gaules et lEspagne. Genseric, leur clief, à la tête dequatre-vingt mille hommes, passe en Afrique, bat deux fois les Romains,et lait le siège dHippone. Le saint évêque na pas voulu abandonner sontroupeau, mais au moins il ne verra pas les barbares maîtres de sa per-sonne. Il meurt avant la fin du siège, à soixante et seize ans, en 430. LesVandales respectèrent sa cendre et sa bibliothèque. La désolation de sapatrie fut à son comble. Son corps fut transporté en Sardaigne, et de,en 722, à Pavie, il fut retrouvé en 1695.

On voit donc que saint Augustin a formé deux communautés : lune àTagaste, étant encore laïque, il vivait avec quelques amis; lautre àIlippone, lorsquil fut ordonné prêtre, et il réunit, étant évêque, lesclercs attachés à son église, et qui composaient son clergé. Il ne leuravait pas donné de règle particulière; mais il suivait avec eux celle quelÉvangile trace à tous les chrétiens. Ainsi son ordre différait de ceuxconnus jusqualors, en ce quil ne prescrivait que le renoncement à la pro-priété, sans aucune des pratiques rigoureuses introduites dans les ordresde saint Antoine et de saint Pacôme.

Il faut croire que, dès son vivant et après sa mort, la manière de vivredun homme aussi célèbre quAugustin trouva bien des imitateurs, et quàson exemple, plusieurs chrétiens se réunirent, pour se livrer en com-mun aux exercices de piété, dont le saint prélat avait enseigné la pratique.

La persécution des Vandales, qui venaient de semparer de lAfrique,ayant forcé les disciples de lévêque dIIippone à chercher un asile enEurope, ils y établirent des communautés à linstar de celles que lesbar-

(1) Pelage, moine breton, niait le péché originel et la nécessité de la grâce pour faire le bien.Quant aux donatistes, ils nétaient que schismatiques.

(2) Les Mores, qui envahirent lEspagne en 712, venaient des pays conquis par les Vandalesdans le v' siècle.