HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.
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professeur d’éloquence, et y fit la connaissance de saint Ambroise, qui enétait évêque. Une conformité de goûts et de talents lia ces deux hommes,malgré la différence d’opinion qui existait entre eux. Les sermons du pré-lat, auxquels le rhéteur assistait régulièrement, éclairèrent peu à peu cedernier, et lui firent sentir l’absurdité des dogmes du manichéisme. I!faut l’entendre lui-même raconter dans ses Confessions les perplexités,les combats intérieurs qu’il éprouvait alors. Il sentait le poids du vice;mais il n’avait pas la force de le secouer. 11 demandait à Dieu son retourà la vertu; mais il avoue qu’il craignait d’être exaucé, tant l’homme a depeine à remonter la pente qui l’entraîne au vice!
Cependant la grâce triompha, et Augustin se convertit. Quelle fut lajoie de sa mère, qui était venue le rejoindre à Milan! La source de ses„ larmes est enfin tarie. Après avoir eu le bonheur de voir son mari abjurer,douze ans auparavant, les erreurs du paganisme, elle a celui de voir sonfils renoncer à celles du manichéisme. Augustin avait alors trente-deuxans. Il reçut le baptême, et reprit le chemin de sa patrie, en 588. Maisarrivé à Ostie, et au moment de s’embarquer, il y perdit sa mère, qu’ilpleura beaucoup.
A son retour en Afrique, il se retira à Tagaste, où il attira auprès delui quelques amis, avec qui il vécut en communauté dans la pratique dela vie religieuse. Ce fut comme un séminaire, d’où sortirent dans la suiteplusieurs bons évêques. Trois ans après, Yalère, qui occupait le sièged’Hippone, jeta les yeux sur lui, pour en faire son coadjuteur; et malgrésa résistance, il l’ordonna prêtre, et bientôt le sacra évêque, en 595.L’année suivante, Yalère étant mort, Augustin lui succéda avec l’agré-ment de l’archevêque de Carthage, son métropolitain.
Le nouvel évêque d’Hippone voulut que tous ses clercs demeurassentavec lui dans la maison épiscopale, pour y vivre ensemble, et renonças-sent à toute propriété particulière. Beaucoup d’évêques imitèrent cetexemple, et telle est l’origine des chanoines réguliers.
Pendant trente-trois ans d’épiscopat, Augustin ne cessa de combattreles nombreux hérétiques de son temps, les manichéens, les donatistes et
qu’il fût permis à un manichéen de former un établissement d’éducation dans la capitalemôme; ce qui porte à croire que la liberté d’enseignement n'est pas un dogme politique biennouveau.