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1 (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES UES ORDRES RELIGIEUX.

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même en. Angleterre; et cétait surtout quil devait être moins bienaccueilli, vu son esprit et son origine française.

Enfin, comment les Français, qui ne permettent pas quune femme chezeux porte la couronne, pouvaient-ils fléchir devant la crosse dune abbesse?Ce nest pas que je blâme linstitution de Font-Evrauld; signaler la singu-larité dun fait nest pas en prononcer la condamnation.

Robert dArbrissel, comme Robert de Sorbonne, porte le nom du villagequi la vu naître. A cette époque il ny avait pas encore de noms de famille,et chacun ajoutait à son nom de baptême celui du lieu de sa naissance.

Arbrissel est un village du diocèse de Rennes, et on croit que Robert yest vers lan 1045 ou 1047. Ainsi il nétait pas Français, mais Breton,et son souverain était alors Conon II, duc de Rretagne.

Ses parents, qui nétaient pas riches, firent peu pour son éducation;mais il y pourvut lui-même, et trouva, par sa bonne conduite, les moyensde sinstruire et daller à Paris, était alors la seule université connueen Europe, faire ses hautes études. Il y fit de grands progrès et reçutmême le bonnet de docteur.

De tous temps, les sujets distingués, qui sortaient de cette école, étaientrecherchés par les évêques, qui en faisaient leurs vicaires généraux.Lévêque de Rennes lappela donc auprès de lui pour laider dans le gou-vernement de son diocèse. Mais après la mort de ce prélat, Robert allaenseigner la théologie à Angers.

Peu de temps après, voulant mener une vie plus parfaite, il engagea unde ses amis à le suivre dans le bois de Craon, ils se cachèrent et vé-curent en ermites en se livrant à de grandes austérités.

Nouveau Jean-Baptiste dans son désert, sa réputation sétendit au loin,et on accourut de tous côtés pour entendre ses instructions, lui demanderdes conseils et se mettre sous sa conduite. Hommes et femmes, personnene voulait plus le quitter, et il fut obligé de loger toute cette multitudedans les hois voisins de celui il sétait établi.

Il fit trois divisions de tous ceux qui sétaient attachés à lui, et il leurdonna pour chefs des hommes qui, plus tard, fondèrent eux-mêmes denouvelles congrégations religieuses.

Pour loger toute cette foule qui sattachait à lui, Robert construisit,en 1094, dans la forêt de Craon, un monastère quon appela La Hoë. Onny vivait que damnônes et de racines.