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HISTOIRE ET COSTUMES
son, dom Sarrazin, y introduisit la réforme et lui rendit sa premièresplendeur.
Il était né à Arras, en 1530. Il fut présenté, à l’âge de dix-sept ans, àl’abbé de Saint-Waast, qui le reçut et l’envoya achever ses études à Paris.De Paris, il vint à Louvain, où il étudia la théologie et reçut la prêtrise.Aussitôt son abbé, qui connaissait son mérite, lui accorda toute sa con-fiance, et le revêtit de plusieurs emplois, dans lesquels il montra des ta-lents extraordinaires.
C’était le temps où les nouvelles opinions mettaient en feu la France etles Pays-Bas. Les sectaires prenaient tant d’empire à Arras, que l’évêquede cette ville fut obligé de se sauver avec un grand nombre de catholiques,et laissa à dom Sarrazin, avec le titre de vicaire général, le soin de main-tenir son diocèse dans la vraie foi. En même temps, l’abbé de Saint-Waastétant mort, dom Sarrazin se trouva seul dans Arras pour tenir tête auxhérétiques. Ils le mirent en prison, lui firent souffrir toutes sortes demauvais traitements, et il ne put recouvrer -sa liberté qu’au prix detoute l’argenterie de son monastère, qu’il fut obligé d’envoyer au prince*d’Orange, le chef et l’appui des factieux.
Son zèle fut récompensé par sa nomination à la dignité d’abbé de Saint-Waast, et peu après, il fut fait, en 1576, archevêque de Cambrai. Ilmourut à Bruxelles en 159S.
L’abbaye de Saint-Waast était une des plus régulières des Pays-Bas.Elle possédait à Douai et à Paris des collèges, où elle envoyait les jeunesmoines faire leurs études. L’habillement des religieux consistait, dans lamaison et au chœur, en une longue robe noire, et par-dessus un grandfroc, qui pendait jusqu’aux talons, une aumusse noire, qu’ils portaient enforme d’étole, et un bonnet carré à trois cornes, avec un petit collet; horsde la maison, ils étaient habillés à peu près comme las prêtres séculiers.
Avant la révolution de 1789, ils avaient commencé à bâtir une nouvelleéglise qui a été achevée depuis, et est aujourd’hui la cathédrale d’Arras.
Les plus célèbres congrégations qui sortirent de l’ordre de saint Benoîtont été les Camaldules, en Italie; en France, celle de Cîteaux, celle deCluny, ensuite celles de Saint-Vannes et de Saint-Maur. Les plus riches ab-bayes de France étaient de cette dernière, qui comprenait les abbayes deSaint-Denis, de Saint-Germain-des-Prés à Paris, de Corbie, de Marmou-tiers près de Tours, de Fécamp en Normandie, etc. Les moines de Saint-