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HISTOIRE ET COSTUMES UES ORDRES RELIGIEUX.
Le paganisme était encore vivant dans cet endroit : il y trouve untemple dédié à Apollon. Benoît renverse le temple et la statue de l’idole,extirpe l’idolâtrie par ses instructions, rassemble de nouveaux disciples etlbnde le monastère du mont Cassin, qui est encore aujourd’hui le clief-lieu de son ordre. Il avait alors quarante-huit ans. C’était la troisièmeannée du règne de Justinien, et Athalaric régnait sur les Oslrogoths. C’estdans ce nouvel établissement que Benoît reçut la visite de Tertulle, pèredu jeune Placide, qui lui donna des biens qu’il avait dans les environs etune terre qu’il possédait en Sicile.
C’est aussi au mont Cassin que saint Benoît composa cette règle admi-rable qu’il donna à ses disciples, et qui lui a mérité le nom de patriarchede l’ordre monastique en Occident. Saint Athanase, pendant son exil àTrêves, avait bien fait connaître la manière dont vivaient les moines del’Orient. Après lui, Cassien avait composé un recueil de tout ce qu’il avaitpu apprendre des pratiques des solitaires de l’Égypte et de la Palestine.D’après cela, on avait vu, dans l’Occident, quelques personnes embrasserl’état monastique. Mais d était réservé à saint Benoît de donner une formedéfinitive à cette profession, d’en dresser les statuts, et d’en former, pourainsi dire, la législation. Aussi sa règle parut-elle si parfaite quelle futlongtemps la seule en vigueur dans l’Occident, au point que Charlemagnedemandait lui-même si, dans son vaste empire, il y avait d’autres moinesque ceux de saint Benoît. Plusieurs législateurs, entre autres Côme deMédicis, l’ont étudiée, dans le dessein d’en profiter pour le gouvernementtemporel des peuples.
C’est l’an 528 que saint Benoît composa sa règle, et à sa mort, en 545,elle était déjà répandue dans toute l’Europe. Ses deux disciples chéris,Maur et Placide, l’avaient portée, l’un en France, et l’autre en Sicile. Elleest divisée en soixante et treize chapitres, dont neuf sur les devoirs morauxet généraux des frères ; treize sur les devoirs religieux et les offices ; vingt-neuf sur la discipline, les fautes, les peines, etc.; dix sur le gouvernementet l’administration intérieure; et douze sur divers sujets, comme les hôtes,les frères en voyage, etc.