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1 (1845)
Entstehung
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BÉNÉDICTINS.

Si nous lisions quelque part quun homme puissant, pouvant disposerdimmenses ressources; quun homme, dis-je, dans un siècle les ta-lents étaient communs, les gens de génie faciles à trouver; quun telhomme enfin, doué lui-même de connaissances étendues, a fondé une so-ciété qui a eu la plus grande influence sur la civilisation dune grandepartie du monde; société qui a conservé le feu sacré de la science, quiétait sur le point de séteindre ; qui a sauvé du naufrage les connaissancesacquises par les anciens ; société enfin qui a duré jusquà nos jours, etqui na jamais dévié de son institution, qui était létude et le travail; nousdirions quun pareil personnage a des droits bien acquis à la reconnais-sance du genre humain, et peut être placé sans contredit au nombre desgrands hommes.

Mais si nous venions à apprendre que celui qui est parvenu à ce but na-vait aucun des moyens que nous venons dénumérer, que ce nétait quunsimple particulier, un homme ordinaire, qui, au lieu davoir des savants àsa disposition, des conseillers pour le diriger, vivait au contraire dans unsiècle de confusion, de misères, de désordres, au milieu des ébranlementspolitiques et des ruines de toute espèce, quel serait alors notre étonne-ment de voir une si grande disproportion entre leffet obtenu et la causequi devait le produire!

Voilà cependant les réflexions quinspire à tout homme attentif léta-blissement de la société des bénédictins. Saint Benoît, qui en est le fonda-teur, vivait vers la fin du cinquième siècle, de ce siècle de bouleverse-ments lempire romain avait disparu sous le cimeterre des Barbares. Lamalheureuse Italie, sa patrie, était foulée, depuis près dun siècle, sous lespieds des Goths. Rome avait été saccagée par ces Barbares, et ensuite parles Vandales. On ne pouvait faire un pas dans cette malheureuse contrée