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HISTOIRE ET COSTUMES
cour des empereurs de Constantinople. Il se nommait Alexandre. Aprèsavoir quitté le monde et distribué tous ses biens aux pauvres, il avait étéembrasser la vie religieuse dans les monastères de la Syrie, renommésdepuis longtemps par le grand nombre et la ferveur des moines qui leshabitaient.
On voulut le foire évêque; mais il se déroba, par la fuite, à cet hon-neur, dont il se croyait indigne, et se retira dans un désert, où il con-vertit une trentaine de brigands, qui y avaient leur repaire. Il les engageamême à changer leur caverne en un monastère, où ils vécurent en reli-gieux, sous un chef qu’il leur donna lui-même. De quelle force de persuasiondevait être doué ce personnage pour opérer une telle conversion!
De là, Alexandre alla bâtir un monastère sur les bords de l’Euphrate, oùil établit sa psalmodie perpétuelle. Quand sa communauté fut augmentée,il en envoya plusieurs colonies, tant pour prêcher la foi aux païens, quepour fonder d’autres établissements. Lui-même était toujours en voyage,soit pour les affaires de son institut, soit pour prendre part à toutes lesdiscussions qui s’élevaient dans l’Église à cette époque. Il mourut versl’an 450.
Ap rès lui, Jean et Marcel, qui lui succédèrent, bâtirent plusieurs nou-velles maisons aux environs de Constantinople, et y attirèrent un grandnombre de disciples.
Du temps de Marcel, un grand seigneur nommé Studius fonda dans laville impériale un grand monastère, où il mit des religieux de l’ordre desAcémètes, qui prirent alors le nom de Studites, de celui de leur bien-faiteur.
Ces moines, au lieu de se renfermer dans leur institution, qui était depsalmodier sans cesse, entrèrent dans les questions théologiques qui agi-taient l’Église d’Orient pendant le v e et le vi c siècle. Après avoir combattuavec force l’hérésie d’Eutychès, abbé d’un monastère voisin de Constanti-nople, et qui, comme nous avons déjà dit, n’admettait qu’une seule natureen Jésus-Christ, les Acémètes finirent par admettre l’erreur opposée, quiétait celle de Nestorius. Us soutinrent donc qu’il y avait deux personnesen Jésus-Christ, que la sainte Vierge n’était mère que de la personne hu-maine, et que c’était cette personne seule qui avait souffert.
L’empereur Justinien, le vainqueur des Perses, des Vandales et des Ostro-goths, dénonça lui-même au pape les Acémètes comme nestoriens, en 555.