DES ORDRES RELIGIEUX.
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attire. Il n’est que trop ordinaire d’y voir renfermer des femmes qui ontdéplu à leurs maris, à tort ou à raison. Il ne faut qu’un témoin subornépar un homme las de sa femme, pour la dénoncer au juge, qui la con-damne à la réclusion dans un monastère, et, d’après la sentence, la mal-heureuse voit arriver chez elle des religieuses, qui lui coupent les cheveux,et l’emmènent malgré elle dans sa prison. Six semaines après, le mari peutprendre une autre femme.
Nous rapporterons un exemple de cette coutume barbare, arrivé au sei-zième siècle.
Le grand-duc Yasili, ou Basile IV, était mariée depuis vingt et un anset n’avait pas encore d’enfants. Il donne ordre d’enfermer sa femme dansun couvent, pour épouser une Polonaise qui lui plaisait. La malheureusegrande-duchesse résista de toutes ses forces à ceux qui vinrent lui couperles cheveux et lui endosser l’habit monacal. Ce ne fut qu’après avoir vaincutous ses efforts par les plus indignes traitements, qu’on put abattre sa résis-tance. Mais peu de temps après être entrée dans le couvent, elle y accouchad’un fds, dont elle fit serment que le grand-duc était le père. Ce barbarefut encore obligé d’employer la force pour retirer cet enfant des mainsde sa mère, qui ne voulait pas le lui céder. Ce fut en la menaçant de lamort que Basile vainquit enfin l’obstination de cette malheureuse prin-cesse.
On trouve encore des monastères de religieuses de saint Basile en Italie,en Pologne et dans le royaume des Deux-Siciles. Un des principaux étaità Palerme; on n’y recevait que des filles d’extraction noble. Elles faisaientautrefois l’office en grec ; mais depuis longtemps elles le font en latin. Il n’yavait plus dans ces derniers temps qu’un seul monastère de ces religieuses,établi à Messine, où la langue grecque fût employée dans la liturgie.
On regarde aussi comme étant une branche de l’ordre de saint Basile,des religieux, depuis longtemps inconnus dans l’Orient, mais qui'y ontparu avec éclat aux cinquième et sixième siècles. Ce sont les Acémèles,depuis appelés Stucliles. Leur premier nom, qui veut dire veillants, leurest venu de ce qu’ils se distribuaient en différents chœurs, pour faire l’of-fice, de manière que leur psalmodie était continuelle, et n’était interrompueni le jour ni la nuit.
Ces religieux reconnaissaient pour fondateur un homme de race noble,né dans l’Asie Mineure, et qui avait occupé une place distinguée à la
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