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1 (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX.

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attire. Il nest que trop ordinaire dy voir renfermer des femmes qui ontdéplu à leurs maris, à tort ou à raison. Il ne faut quun témoin subornépar un homme las de sa femme, pour la dénoncer au juge, qui la con-damne à la réclusion dans un monastère, et, daprès la sentence, la mal-heureuse voit arriver chez elle des religieuses, qui lui coupent les cheveux,et lemmènent malgré elle dans sa prison. Six semaines après, le mari peutprendre une autre femme.

Nous rapporterons un exemple de cette coutume barbare, arrivé au sei-zième siècle.

Le grand-duc Yasili, ou Basile IV, était mariée depuis vingt et un anset navait pas encore denfants. Il donne ordre denfermer sa femme dansun couvent, pour épouser une Polonaise qui lui plaisait. La malheureusegrande-duchesse résista de toutes ses forces à ceux qui vinrent lui couperles cheveux et lui endosser lhabit monacal. Ce ne fut quaprès avoir vaincutous ses efforts par les plus indignes traitements, quon put abattre sa résis-tance. Mais peu de temps après être entrée dans le couvent, elle y accouchadun fds, dont elle fit serment que le grand-duc était le père. Ce barbarefut encore obligé demployer la force pour retirer cet enfant des mainsde sa mère, qui ne voulait pas le lui céder. Ce fut en la menaçant de lamort que Basile vainquit enfin lobstination de cette malheureuse prin-cesse.

On trouve encore des monastères de religieuses de saint Basile en Italie,en Pologne et dans le royaume des Deux-Siciles. Un des principaux étaità Palerme; on ny recevait que des filles dextraction noble. Elles faisaientautrefois loffice en grec ; mais depuis longtemps elles le font en latin. Il nyavait plus dans ces derniers temps quun seul monastère de ces religieuses,établi à Messine, la langue grecque fût employée dans la liturgie.

On regarde aussi comme étant une branche de lordre de saint Basile,des religieux, depuis longtemps inconnus dans lOrient, mais qui'y ontparu avec éclat aux cinquième et sixième siècles. Ce sont les Acémèles,depuis appelés Stucliles. Leur premier nom, qui veut dire veillants, leurest venu de ce quils se distribuaient en différents chœurs, pour faire lof-fice, de manière que leur psalmodie était continuelle, et nétait interrompueni le jour ni la nuit.

Ces religieux reconnaissaient pour fondateur un homme de race noble, dans lAsie Mineure, et qui avait occupé une place distinguée à la

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