DES ORDRES RELIGIEUX.
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Le plus célèbre des fondateurs de ces établissements est saint Sabas.
Ce saint personnage, né à Mutulargue, près de Césarée de Cappadoce,en 439, était fils d’un militaire qui, ne pouvant s’occuper de son éduca-tion, le confia à son beau-frère, et ensuite à son frère; mais les deux oncless’étant brouillés, et ayant eu un procès au sujet des biens de leur neveu,dont tous deux voulaient avoir l’administration, le jeune Sabas ne conçutque du dégoût pour les biens temporels, qui étaient cause de tant de di-visions, et il prit le parti d’y renoncer.
Il entra donc dans un monastère. Ses oncles eurent beau lui offrir de luirendre ses biens et de l’établir dans le monde, il renonça à tout, quoi-qu’il n’eût que dix-huit ans, et alla à Jérusalem visiter les saints lieux,avec la permission de son abbé. Il demanda d’être reçu dans le monastèrede Pessarion, où il édifia tous les moines par sa piété. A l’âge de trente-trois ans, on lui permit de passer cinq jours de la semaine, seul, dans unegrotte écartée, où il ne s’occupait que de la prière et du travail des mains.Il y passa cinq ans.
De là il s’établit dans une autre grotte sur une montagne, au pied delaquelle coule le torrent de Cédron, ne s’y nourrissant que d’herbes sau-vages.
C’est alors que plusieurs disciples étant venus le trouver, il fit bâtirune laure pour cent cinquante moines, qu’il gouvernait lui-même.
Le patriarche de Jérusalem, jugeant qu’il fallait un prêtre pour admi-nistrer les sacrements à tant de personnes, éleva Sabas au sacerdoce. Ilavait alors cinquante-trois ans.
La mère de Sabas, ayant perdu son mari, vint trouver son fils, pourvivre sous sa discipline, dans l’état religieux. Elle lui apporta quelquessommes d’argent, avec lesquelles il bâtit trois hôpitaux pour les maladeset les étrangers.
Les moines de sa laure s’étant révoltés contre lui, il les abandonna, etalla vivre seul dans une caverne, et ensuite sous un arbre dans une celluleque lui fit bâtir le propriétaire du lieu où il était. À la fin cependant sesmoines vinrent lui demander pardon, et il fonda de nouveaux établisse-ments sur le même plan.
A lage de soixante et dix ans, Élie, patriarche de Jérusalem, l’envoya,avec quelques autres abbés, à l’empereur Ànastase, qui favorisait les euty-chiens et persécutait les catholiques. Sabas parut à la cour de Constanti-