HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.
I!)
plus vers l’Orient. On trouve encore aujourd’hui, dans les mêmes con-trées, et jusque dans l’Inde, des nestoriens et des jacobites. Ces derniersont plusieurs églises dans la Syrie, où ils ont pris naissance.
Les missionnaires qui ont parcouru la Perse à différentes époques ontramené à l’unité catholique une grande partie des nestoriens établis surles deux rives du Tigre. Le patriarche de ces derniers réside dans un mo-nastère situé près de Mosul, ville bâtie sur la gauche du Tigre, vis-à-visle lieu qu’occupait l’ancienne Ninive. En 1827, il demeurait à Alcoche,petite ville à deux lieues du même endroit.
On a vu plusieurs fois à Rome le patriarche de ces nestoriens venirpour reconnaître l’autorité du souverain pontife, et se réunir à l’Égliseromaine.
En 1771, on comptait encore 40,000 nestoriens dans la Mésopo-tamie.
Quant aux jacobites, leur nombre diminue tous les jours. Il n’en resteplus guère que cinquante familles dans la Syrie. M. Meroudot-Dubourg,évêque de Babylone, que l’auteur de cette notice a connu à Paris, en 1787,avait converti, dans l’Orient, cinq de leurs évêques, et avait reçu du papele pallium, en récompense de son zèle.
Les nestoriens catholiques prennent le nom de Chaldéens, et les jaco-bites celui de Syriens.
M. Coupperie, évêque de Babylone, a donné, en 1827, une relationcurieuse de l’état des églises chaldéennes et syriennes dans la Perse. Ilnous apprend que ces deux communautés chrétiennes ont chacune unévêque à Mosul, où il a trouvé six églises, d’une construction très-an-cienne. Il y en a deux autres, dont l’origine est remarquable. Elles ont étébâties en exécution d’un vœu fait à la sainte Vierge par le pacha de Mosul,en cas que sa ville échappât au pillage et à la ruine, dont elle était me-nacée par Thamas-lvouli-Khan, le conquérant de la Perse, qui s’en appro-chait, mais qui ne put la prendre.
Il ne reste de l’ancienne Ninive qu’un tertre nommé, par les habitants,Ninoua, et qu’ils croient occuper le milieu de l’emplacement de cette citécélèbre.
Le peu de monastères qui existent dans la Mésopotamie et l’ancienneAssyrie y ont été fondés autrefois par des moines venus d’Égypte. Ils sui-vent la règle de saint Antoine. M. Coupperie logea à Alcoche dans la