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HISTOIRE ET COSTUMES
De Constantinople, Basile alla à Athènes, qui était toujours la patrie del’éloquence et des talents. C’était là qu’on venait de toutes parts, comme àla source du bon goût, puiser cette urbanité et cette délicatesse attiquequi distinguaient la cité de Périclès.
Basile avait vingt-trois ans lorsqu’il arriva à Athènes. Il y trouva unjeune homme qu’il avait déjà connu à Césarée, et avec qui il se lia d’uneamitié qui dura toute leur vie. C’était saint Grégoire de Nazianze, aussipieux, aussi studieux que Basile ; ces deux amis furent dès lors insépara-bles. Au milieu de cette foule de jeunes gens livrés à la dissipation et auxplaisirs, nos deux amis n’étaient occupés que du désir de s’instruire et de sesanctifier. Grégoire nous dit lui-même qu’ils ne connaissaient que deux ruesà Athènes, celle qui menait aux écoles publiques, et celle qui conduisait àl’église. Ils voyaient cependant quelques-uns de leurs camarades, maisc’étaient ceux qui se distinguaient par leur modestie et la régularitéde leurs mœurs.
Basile ne resta que trois ans à Athènes, et revint dans sa patrie, où ilouvrit une école d’éloquence, et suivit en même temps la carrière du bar-reau. C’était alors le moyen de se faire connaître, et la voie pour parveniraux emplois.
Mais bientôt il n’éprouva plus que du dégoût pour le monde, et se sentitun vif attrait pour se donner entièrement à Dieu. Son ami, Grégoire deNazianze, et sa sœur Macrine, fortifièrent sa résolution, et il prit le partid’embrasser l’état monastique, au grand étonnement de Libanius, qui neconcevait pas comment il pouvait renoncer à la carrière brillante que sestalents semblaient lui promettre.
Son parti une fois pris, Basile voulut voir par lui-même commentvivaientles solitaires dont la réputation remplissait alors le monde chrétien,et s’instruire à leur école. En 357, il alla voyager en Syrie, dans la Méso-potamie et en Égypte, où vivaient les plus parfaits modèles de la vie mo-nastique. Partout il fut édifié de leurs vertus. Il vit, avec des transportsd’admiration, des hommes étrangers à la terre qu’ils habitaient, et ne sou-pirant qu’après le bonheur du ciel. Il apprit d’eux à se détacher de toutesles idées frivoles qui occupent le reste des hommes, et à n’avoir de désirsque pour les biens éternels.
Après avoir passé un an à visiter les solitaires de ces déserts, il revinten Cappadoce, où son évêque l’ordonna lecteur. De là, il se retira dans le