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HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.
sur les bords de l’Oronte, sont soumis à l’Église romaine, et en suivent lesrites. Ils reconnaissent pour supérieur spirituel un prélat qui se qualifiepatriarche d’Antioche, et demeure dans le monastère de Canobin, situésur un rocher fort élevé du mont Liban. Plusieurs autres monastères dé-pendent de celui-là, et sont bâtis aussi dans les lieux les plus inaccessiblesde ces montagnes. Ces moines se nourrissent de légumes et d’œufs, et nepeuvent manger de viande qu’avec une permission expresse du pape. Ilsobservent jusqu’à cinq carêmes, pendant lesquels ils ne mangent qu’unefois le jour. Ils font l’office en langue syriaque.
Il y a aussi des monastères pour les femmes, qui y gardent la clôture,et sont soumises aux mêmes observances que les moines. L’habit de reli-gion des deux sexes est une tunique brune, une ceinture, et par-dessus,une robe de camelot de couleur de fumée. Les moines portent un capuce,et les religieuses un grand voile qui les couvre de la tête aux pieds.
Le patriarche est lui-même religieux, et gouverne tous les monastèresdu pays. Il est le chef de six ou sept évêques, qui sont ses suffragants. Ilest élu au scrutin par les douze principaux membres du clergé, et peutavoir un revenu d’environ vingt mille francs, sur lequel il paye un tributannuel au pacha de Tripoli.
Les Maronites ont un séminaire à Rome, fondé par Grégoire XIII, etdont sont sortis plusieurs savants, entre autres Louis Assémani, auteurd’un écrit très-estimé sur les cérémonies de l’Église.
Quant aux Arméniens, ils ne sont pas tous catholiques. Ceux qui lesont, dépendent de la Perse, et occupent la province de Nakchivan.
Sur la fin du dix-septième siècle, quelques Arméniens vinrent chercherun asile dans la Morée, sous la conduite d’un riche habitant de Sébaste,qui les avait convertis à la foi catholique. Les Vénitiens leur accordèrentun monastère à Modon. Ils auront sans doute été dispersés quand lesVénitiens furent obligés de céder la Morée aux Turcs, en 1715.
Les révolutions qui ont agité la Perse dans le milieu du dix-huitièmesiècle ont beaucoup diminué le nombre des Arméniens catholiques.
M. Coupperie, évêque missionnaire de Babylone, dont les journauxont annoncé la mort, fait un assez triste tableau de cette chrétientédans une lettre qu’il a écrite, en 1827, de Bagdad. Il paraît même quela mission qui était établie depuis longtemps dans ces contrées, est aujour-d’hui à peu près abandonnée.