DES ORDRES RELIGIEUX. 7
Pacôme, né de parents idolâtres, en 292, avait été, dans sa jeunesse,enrôlé dans les troupes du tyran Maximin, qui faisait, en Égypte, la guerreaux généraux de Constantin. Embarqué sur le Nil, avec une troupe de sescamarades, il arrive à Thèbes. Les chrétiens de cette ville, voyant que cesjeunes soldats étaient traités durement par leurs chefs, et qu’ils manquaientde tout, s’empressèrent de leur procurer, avec toute l’affabilité et le zèlepossible, ce qui leur était nécessaire. Pacôme, qui était naturellement,bon, se sentit pénétré de reconnaissance pour ses bienfaiteurs, et appre-nant que c’étaient des chrétiens, il éprouva un vif désir de partager lacroyance d’hommes si dignes de tous ses respects.
Quand la guerre fut finie, et que Pacôme fut rendu à lui-même, il se mitau nombre des catéchumènes, et, peu après, reçut le baptême.
C’est alors qu’il alla se mettre sous la conduite de Palémon, qui luienseigna toutes les pratiques de la vie solitaire. De là il passa dans le désertde Tabenne, sur les bords du Nil, où plusieurs disciples, parmi lesquelsse trouva un de ses frères, s’étant joints à lui, il y construisit son premiermonastère, et donna une règle qui prescrivait le silence, le travail desmains, des jeûnes proportionnés aux forces de chacun, et la forme deshabits, qui ne consistaient qu’en une tunique sans manches, avec unepeau de chèvre sur les épaules.
Sa réputation lui attira un grand nombre de disciples. Il leur bâtit sixautres monastères dans la Thébaïde, et se trouva bientôt à la tête de plu-sieurs milliers de moines. Il reçut à Tabenne, en 553, la visite de saint Àtha-nase. En 548, la peste affligea ses monastères, et lui enleva une centainede religieux. Lui-même en fut atteint , et en mourut à cinquante-sept ans.
L’ordre de saint Pacôme sid>sista dans l’Orient jusqu’au onzième siècle,mais insensiblement cet ordre se trouva confondu avec celui de saint An-toine; et c’est ce dernier dont les Maronites et les Arméniens suiventencore aujourd’hui la règle.
Deux peuplades habitent le mont Liban, dans l’ancienne Phénicie, lesDruses et les Maronites. Ces deux peuples sont à peu près indépendants,quoique entourés de pays soumis aux Turcs. Ils sont très-jaloux de leurliberté, qu’ils savent d’autant mieux conserver, qu’il serait difficile de venirles attaquer au milieu des rochers qui leur servent de boulevard. LesMaronites, dont le nom vient, selon quelques-uns, d’un saint abbé, nomméMaroun ou Maron, qui vivait, au commencement du cinquième siècle,