MOINES MARONITES
ET ARMÉNIENS.
Les moines Maronites et Arméniens catholiques reconnaissent pour leurfondateur le grand saint Antoine.
Cet illustre patriarche des cénobites naquit dans la haute Égypte,l’an 251. Ses parents, craignant que les écoles publiques ne portassentquelque atteinte aux mœurs ou à la religion de leur fils, le retinrent auprèsd’eux; de sorte qu’il savait à peine lire. Six mois après la mort de sesparents, et à l’âge de vingt ans, ayant entendu lire dans l’église ces parolesde l’Évangile de saint Mathieu : Allez, vendez vos biens, et donnez-en leprix aux pauvres; ils vous seront rendus dans le ciel, Antoine s’en faitaussitôt l’application à lui-même. Il vend tout ce qu’il possède, le donneaux pauvres, après avoir pourvu à l’existence d’une sœur qu’il avait, etse retire dans un désert auprès d’un vieillard, qui y vivait lui-même enermite. La prière, la lecture et le travail des mains deviennent ses seulesoccupations. Le bruit de sa sainteté se répandant partout, il lui arrivedes disciples qui le supplient de leur enseigner la pratique des vertus, etil construit un monastère pour les loger. Il avait alors cinquante-quatreans, et en avait déjà passé trente-quatre dans les déserts, sans autrenourriture que six onces de pain trempé dans l’eau, et quelques dattes.Il portait, pour vêtement, un cilice, et par-dessus, une peau de brebisretenue par une ceinture.
Le feu de la persécution s’étant rallumé sous Maximin, en 511, Antoinealla à Alexandrie, pour y soutenir le courage des chrétiens, les servirdans les prisons, ou mourir avec eux. La persécution finie, il retourna àson monastère. Mais le nombre de ses disciples augmentant , il bâtit denouvelles maisons, dans lesquelles il établit des supérieurs qu’il dirigeait.
Il fit un nouveau voyage à Alexandrie, du temps de saint Athanase,évêque de cette ville, qui espérait que l’autorité d’un homme commeAntoine pourrait ramoner ou confondre les ariens, qui y étaient nombreux