HISTOIRE ET COSTUMES
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des chrétiens fervents se soient jetés du côté des vertus contraires, enfaisant une profession plus particulière de la chasteté, de la pauvreté et del’obéissance?
L’Égypte, qui avait été le berceau des sciences, a été aussi celui de lavie religieuse. Saint Paul, saint Antoine, saint Pacôme et sainte Syn-clétique étaient Égyptiens. Saint Paul est le premier qui ait mené la vieérémitique ou anachorétique. Saint Antoine, et, après lui, saint Pacôme,sont les fondateurs des cénobites, c’est-à-dire des moines vivant en communet soumis à une règle. Parmi les femmes, sainte Synclétique est la premièrequi se soit consacrée à la vie religieuse, en se dépouillant de ses biens pourne s’occuper que de la contemplation des choses célestes. Dans le sièclesuivant, saint Augustin introduisit le premier l’état monastique dansl’Église latine.
Les fondateurs d’ordres donnaient ordinairement à leurs moines l’habitdes pauvres, ou des personnes les plus modestes de leur temps; et, commela fixité était le caractère propre des institutions religieuses, un costumeune fois adopté n’éprouvait aucun changement.
L’histoire des deux patriarches de la vie religieuse a été écrite par saintJérôme et par saint Athanase, auteurs bien dignes de foi, puisqu’ils avaientconnu eux-mêmes les saints dont ils parlent, ou leurs disciples les plusintimes.
Ils nous apprennent que Paul vécut cent treize ans et Antoine cent cinqans. Saint Hilarion, un des plus illustres disciples de saint Antoine, attei-gnit lui-même l’âge de quatre-vingts ans. Enfin sainte Synclétique poussasa carrière jusqu’à quatre-vingt-quatre ans.
Comment expliquer une telle longévité accordée à des hommes con-sumés de jeûnes, d’abstinences et de veilles, ne se nourrissant que d’ali-ments grossiers et mal assaisonnés, n’ayant pour vêtement qu’un rudecilice recouvert d’une peau de chèvre ou de mouton, pour habitationqu’une étroite cellule, ou une grotte que le hasard leur avait offerte? Onconçoit que. des gens nés dans les dernières classes de la société puissentvivre dans les privations les plus dures ; ils y ont été accoutumés dès l’en-fance : la misère les a, pour ainsi dire, endurcis. Il n’en était pas ainsi dessaints dont nous venons de parler. Tous étaient nés dans l’opulence; ilsavaient commencé leur vie dans les jouissances de la fortune. Commentleur tempérament a-t-il pu se plier aux austérités auxquelles ils se con-