PRÉFACE.
Ceux qui, avant nous, ont écrit l’histoire des corporationsreligieuses ont eu une tâche assez facile à remplir. Ils n’avaientqu’à regarder autour d’eux : se trouvant comme le peintredevant son modèle, il leur était aisé de dessiner les costumesqui frappaient leurs regards. Ils pouvaient également apprendrel’histoire des congrégations religieuses de la houche même desmembres qui en faisaient partie. Il n’en est pas ainsi pour lesécrivains de nos jours.
Presque tous les corps religieux ont disparu, et leur histoireest pour nous de l’histoire ancienne. C’est donc dans les livresqu’il faut aller la chercher. Mais comme ces livres sont peu lusde nos jours, la plupart de ceux qui parlent des moines, nesont que les échos des opinions et des traditions plus ou moinsfidèles de leurs ancêtres.
D’ailleurs que d’hommes, vivants aujourd’hui, proviennent degens qui ont contribué ou applaudi, il y a cinquante ans, à ladestruction des communautés religieuses, ou se sont enrichis deleurs dépouilles, et par conséquent ont eu intérêt à noircir lamémoire de leurs victimes.
Aussi que ne dit-on pas de ces pauvres moines, de leurinutilité, des richesses de ces fameuses abbayes, etc.? On segarde bien d’indiquer la source de ces richesses, qui n’étaientque le fruit des travaux de ces anciens cénobites qui, à