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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
Tout à coup le gouvernement, enhardi par le succès de la prise d’Alger(5 juillet), fit paraître les fameuses ordonnances qui suspendaient la libertéde la presse, dissolvaient la Chambre des députés, effaçaient la loi élec-torale & la remplaçaient par des dispositions arbitraires (26 juillet). Lepeuple de Paris, encouragé par la résiftance des journaux & du tribunalde commerce, en appela à la révolte, &, après une lutte énergique de troisjours, la branche aînée des Bourbons reprenait pour toujours le cheminde l’exil. Quelques jours après, le duc d’Orléans, nommé d’abord lieu-tenant général du royaume était proclamé roi sous le nom de Louis-Phi-lippe I er (9 août i83o).
Le 9 octobre i83o, le miniffre de l’intérieur présenta à la Chambre unprojet de récompenses nationales, secours ou pensions, à décerner auxcitoyens qui s’étaient diftingués ou avaient été blessés dans les journées deJuillet, aux veuves, aux orphelins ou pères de ceux qui avaient succombé.D’après l’exposé du minifire, la révolution avait fait, du côté du peuple,plus de cinq cents orphelins & de cinq cents veuves, & trois mille huit centcinquante blessés, pour lesquels il demandait un secours de 7 millions defrancs, dont 4,600,000 francs devaient être convertis en rentes viagèrespour le service des pensions. La commission chargée de l’examiner n’yavait proposé que des modifications peu importantes. Seulement, d’uneopinion presque unanime à cet égard, elle craignait qu’une décoration spé-ciale n’engendrât des jalousies & des ressentiments qu’il importait de pré-venir ou d’assoupir, & elle proposait la Légion d’honneur. Ce fut presquele seul point dont s’occupa la discussion. La plupart des orateurs de lagauche appuyèrent la proposition du gouvernement.
Voici quelques-uns des passages les plus importants du rapport fait à laChambre (1) : « Votre commission, à la presque unanimité de ses membres(mon devoir elt de vous le dire), dès sa première séance, se prononça contrele projet d’une décoration spéciale defhnée à consacrer le souvenir ineffa-çable des journées de Juillet, & à les honorer dans la personne de ceuxqui y ayant pris une part effective leur ont survécu. Après une mûreréflexion, elle s’eft confirmée dans son sentiment.
« Suivant elle, la création d’une décoration spéciale serait sujette à desinconvénients dont vous regretteriez qu’une loi toute de munificence natio-
( 1 ) Rapport de M. Kératry, député de la Vendée, dans la séance du 6 novembre i83o.