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336 HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
conltamment soit en tenue officielle, soit sur l’habit de ville & en tenuede tous les jours, comme on porte les insignes des autres ordres (i).
Le miniltre de rinftruèfion publique a donné un nouveau luftrc àces signes honorifiques en les conférant à des personnages occupantde hautes positions, des miniftres, des sénateurs, des évêques, despréfets, etc. ( 2 ).
La pensée du miniftre a été comprise : de tous les points du territoirese sont levés de nombreux bataillons de volontaires, infiituteurs & pro-priétaires pour « cette guerre à l’ignorance, avec une véritable furiafrancese , & si un pareil effort continue avec persévérance, dit
M. A. Feillet (3), la France, si arriérée encore il y a trois ans, netardera pas à occuper en Europe un rang plus honorable dans Fin-ftrudion primaire. »
Depuis 1 865, les nouveaux titulaires reçoivent, au nom de l’Empereur,un brevet sur parchemin, revêtu de la signature du miniftre & de l’em-preinte du sceau du miniftre de rinftruèfion publique; la décoration ousigne honorifique eft également remise au titulaire, à l’inftar de ce qui sepratique à la chancellerie de la Légion d’honneur.
Le ruban a aussi subi une grande modification. Il eft aujourd’hui violetmoiré. (Voir planche 2 , fig. 1 & fig. 2 .)
Les palmes universitaires s’accordent trois fois par an. Voici le texte del’arrêté miniftériel qui règle ces diftributions :
(1) Un arrêté du miniftre (octobre 1866) enjoint aux rcèteurs de dresser les liftes desanciens titulaires, officiers d’académie & d’inftruètion publique, dont il n’avait pasété tenu regiftre autrefois, afin d’établir à l’avenir d’une manière régulière les archivesde cette diftinction honorifique.
(2) Depuis que ceci eft écrit, une note officielle publiée dans le Bulletin de l’Ins-truâion publique, reproduite par le Moniteur du 20 septembre 1866 dit : « D’aprèsla législation générale sur les diftinètions honorifiques en France, le ruban seul de laLégion d’honneur peut être porté sans la décoration. Il n’eft point dérogé à cette règleen faveur des palmes universitaires, dont le ruban ne peut, par conséquent, être séparédes insignes qu’il doit porter. » — Nous regrettons vivement cette décision au pointde vue de l’inftruèfion primaire, si arriérée chez nous; la noble émulation que lamesure prise par le miniftre de conférer ces insignes aux personnes qui s’intéressaient àl’enseignement à tous les degrés avait déjà produit d’heureux & d’importants résultats.Le ruban violet eût enfanté des merveilles, comme autrefois la croix de Saint-Louis, & lacouleur du ruban, qui ne permet pas de le confondre avec celui de la Légion d’honneur,nous semblait propre à sauvegarder les juftes susceptibilités du grand ordre national.
( 3 ) Journal des Economijles, i 5 août 1866. (Vlnjlruction primaire en France.)