LÉGION D’HONNEUR.
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mérite, il faut que ses habitants aient uni leurs efforts dans une entreprisehéroïque, telle que de se défendre, en temps de guerre, contre des assié-geants supérieurs en nombre. Roanne eft la première ville qui ait reçu cetteglorieuse diflincfion. Lorsqu’en 1814 le maréchal Augereau laissa lesAutrichiens s’avancer vers Lyon & le midi de la France, Roanne résolutde se défendre jusqu’à la dernière extrémité; tous ses habitants devinrentsoldats pour cette lutte suprême, qui ne cessa que lorsqu’il n’y eut plus unecartouche à brûler. Cinquante ans après, en 1864, Roanne demandait àl’Empereur l’autorisation d’ajouter à ses armes la croix qu’elle avait si biengagnée, & le second Empire payait la dette du premier. Par décret du6 mai, l’Empereur, « voulant perpétuer, disait le considérant du décret, lesouvenir de la résiftance énergique opposée en 1814 par cette ville à l’inva-sion des armées étrangères, » accordait l’autorisation demandée.
« Étrangers. — Les étrangers auxquels l’Empereur donne la décora-tion ne sont pas compris dans l’effectif. Ils peuvent être nommés indifférem-ment à un grade quelconque sans avoir reçu les grades intermédiaires. Ilssont admis & non reçus dans l’ordre.
« On diftingue, dans le nombre, des rois, princes, miniftres, militairesde tous grades, & même artiftes & hommes de lettres étrangers, auxquelsl’Empereur a accordé la décoration pour services rendus à la France;
« Dans les grands-croix, l’émir Abd-el-Kader;
« Dans les grands officiers, un compositeur illuftre, Rossi ni;
« Dans les commandeurs, un pianifte qui s’eft fait abbé, le fameux Liszt;
« Dans les officiers, le maéftro Verdi.
a Honneurs rendus aux membres de l’ordre. — On porte les armesaux officiers & chevaliers qui ont la décoration sur l’uniforme ou surl’habit. On les présente aux grands-croix, aux grands officiers & aux com-mandeurs.
« Pour les honneurs funèbres & militaires, les grands-croix & grands offi-ciers ont droit aux mêmes honneurs que ceux qui sont rendus aux générauxde division; les commandeurs sont traités comme les colonels, les officierscomme les capitaines, & les chevaliers comme les lieutenants.
« Un dernier mot. — Nous revenons à notre point de départ. LaLégion d’honneur n’a jamais eu plus de preftige, elle n’a surtout jamais