LÉGION D’HONNEUR.
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[.'ordre une fois complètement organisé, l’empereur proposa l’échangeaux souverains d’Europe; il ne fut adopté alors que par l’Espagne, lePortugal & la Prusse. '
Un des premiers étrangers de mérite honoré de cette diflincfion futGoethe. Les circonftances, assez singulières, rappellent Alexandre à Thèbes,épargnant la maison de Pindare. Après léna, Napoléon, entrant à Weimarà la suite des fuyards, fit placer des factionnaires devant la maisonhabitée par Goethe, afin de la préserver de toute insulte. L’écrivain degénie allemand étant venu présenter ses remerciements & ses hommagesau conquérant français, celui-ci le combla de caresses & le nommamembre de la Légion d’honneur.
La décoration consiflait dans une étoile à cinq rayons doubles, attachéeà une des boutonnières de l’habit par un ruban moiré rouge. Ce rubandevait être d’abord liséré de blanc, mais le liséré fut presque aussitôtsupprimé. La devise de l’ordre fut Honneur & Patrie (i). Au centre del’étoile était placée l’effigie de Bonaparte, entourée d’une couronne dechêne & de laurier.
Les insignes de la grande décoration ou grand aigle çonsilfaient en uneplaque d’argent attachée au côté gauche de l’habit, & un large rubanpassant de l’épaule droite au côté gauche. Au centre de la plaque était unaigle aux ailes éployées. Les ecclésiafhques portèrent le ruban en sautoir& la plaque brodée sur le côté gauche du manteau.
Lorsque Napoléon, oubliant qu’il juftifiait les craintes des adversairesde la Légion d’honneur à son origine, crut devoir inflituer une nouvellenoblesse, il prit pour base la Légion d’honneur. La majeure partie desgrands aigles furent nommés ducs, les grands officiers & la plupart descommandants comtes, les officiers barons, & un certain nombre de simpleslégionnaires chevaliers de l’Empire. Toutefois, cette règle ne fut pas sansexceptions.
Dans les premiers jours de l’année i8o5, on fit la répartition descohortes dans le territoire de l’Empire. L’annexion du Piémont avait
(î) Excelmans en fit un jour une belle application devant un souverain qui, auxpremiers jours des revers, l’engageait à quitter le service de la France. « Sire, luidit le guerrier en montrant sa décoration de légionnaire, vous oubliez la devise queje porte sur la poitrine : Honneur & Patrie ! »