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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
« La réputation de la Société s’étendit au loin ; nos voisins mêmes vou-lurent en être, & on y vit figurer sur ses regiffres des Espagnols, desAllemands, des Italiens & des Portugais...
« On imposait aux frères, lors de leur réception, des noms qui avaientrapport à leurs caractères ou à leurs appétits particuliers; tels étaient ceuxde frère Jean des Vignes, frère Splendide , frère Roger Bontemps , frèreBaquet , frère Templier, frère Cabaret, frère VAltéré, etc., etc. 11 n’y avaitpas jusqu'à l’imprimeur de l’ordre qui n'eût un nom & une enseigne vrai-ment bachiques...
« Au bas des lettres de réception, le grand maître signait Frère FrançoisRéjouissant, grand maître de la Boisson de VÉtroite Observance; au-dessousil y avait par son Excellence, & ensuite la signature du secrétaire de l’ordre,appelé frère /’ Altéré; à la marge était la date du scellé, signé par le gardedes sceaux, appelé frère Boit-sans-Eau ; & au-dessous, le cachet en cirerouge, où étaient empreintes les armes de l’ordre : c’étaient deux mains,dont 1 une versait du vin d’une bouteille, & l’autre le recevait dans un verre,avec ces mots pour devise : Donec totum impleat. L’écusson était entouréde pampres.
« Dès que l’ordre se lut accru, on en divisa l’étendue par cercles, & on enforma dix, qui furent appelés de Champagne, de Bourgogne, de Languedoc,de Guienne, de Provence, d’Espagne, d’Italie, de l’Archipel, du Necker &du Rhin... Chaque cercle était tenu d’envoyer tous les ans au grand maîtreson contingent en vin.
« Outre cela, il y avait des commanderies dont le nom portait égalementle caractère de 1 ordre : c’étaient les commanderies de Saint-Jean-Pied-de-Port, de Soufflencourt, de Vignerac , des Souches, etc...
« Cette joyeuse société n’eut pas une longue durée; on en perd la tracedès 1720. »