ORDRE ROYAL ET MILITAIRE DE SAINT-LOUIS.
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tration de Tordre à sa simplicité primitive (édit de 1779). Cette ordonnancecontenait encore un grand nombre de dispositions jugées si avantageusespour l’ordre par les réformes qu’elles opéraient, qu’une médaille en con-sacra le souvenir. On y voyait d’un côté l’effigie du roi, de l’autrele ruban de l’ordre entouré de ces mots : Lndop. Magnas inftituit 1698.Lad. XVI illuftravit 1779.
I XXXVII. Permettons & octroyons à tous ceux qui seront admis audit ordre defaire peindre ou graver dans leurs armoiries, avec leurs timbres & couronnes qu’ilsont droit de porter, les ornements ci-après exprimés; savoir : les grands-croix, l’écussonaccolé sur une croix d’or à huit pointes boutonnées par les bouts, & un ruban large,couleur de feu, autour dudit écusson, avec ces mots : Bcllicœ virtutisprœmium (1), écritssur ledit ruban, auquel sera attachée la croix dudit ordre; les commandeurs de même, àla réserve de la croix sous l’écusson; & quant aux simples chevaliers, nous leurpermettons de faire peindre ou graver au bas de leur écusson une croix dudit ordre,attachée à un petit ruban noué, aussi de couleur de feu...
La marque de l’ordre eft une croix à huit pointes pommetées, émaillée de blanc, bordéed’or; il y a dans chaque angle une fleur de lis de même, & au milieu l’image de saintLouis cuirassé d’or, couvert de son manteau royal, tenant de la main droite une couronnede laurier & de la gauche une couronne d’épines; le fond du médaillon eft rouge &parsemé de clous de la Passion; il eft entouré d’un cercle d’azur sur lequel eft lalégende : Ludovicus Magnus injlituit 1693. Au revers eft un autre médaillon de gueulesà une épée flamboyante, la pointe passée dans une couronne de laurier liée de l’écharpeblanche; sur une bordure d’azur eft la devise écrite en lettres d’or : Bellicœ prœmiumvirtutis.
g LI. Dans les cérémonies & assemblées générales de l’ordre, les grands-croix, lescommandeurs & grands-officiers seront vêtus d’un habit de velours ou de soie couleurnoire, doublé d’une étoffe couleur de feu, avec boutons & boutonnières d’or, & lemanteau de même étoffe, aussi doublé couleur de feu; -l’intendant & les trois tre'so-
(1) « Le choix d’une devise, dit M. Alex. Mazas, devenait une chose essentielle; sacomposition se trouvait naturellement du ressort de Y Académie des Inscriptions, fondéepar Colbert, & que Ton appelait la petite académie. Racine & Boileau y avaient étéadmis en qualité d’hiftoriographes du roi; on les avait déjà chargés de rédiger lesinscriptions placées au bas des tableaux de bataille peints par Lebrun. La légendedemandée pour Tordre projeté fut composée par les érudits formant la petite académie;on regardait la concision comme le principal mérite de ces sortes d’ouvrages. Troismots suffirent à celle-ci : Bellicœ virtutis prœmium. Boileau paraît en avoir été leprincipal auteur. Racine différa cette fois d’opinion avec son confrère; il aurait vouluque la légende ne renfermât que ces deux mots : Ordo militaris. — Chercherons-nous toujours de l’esprit, disait-il, dans les choses qui en demandent le moins? — Ondoit convenir cependant que la rédaction de Boileau expliquait beaucoup mieux lemotif pour lequel le monarque inftituait le nouvel ordre de chevalerie. » (Alex. Mazas,Hijloire de la croix de Saint-Louis. Paris, 18 5 5 .)